Auteur : Brasillach Robert
Ouvrage : Léon Degrelle et l'avenir de Rex
Année : 1936

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LA JEUNESSE DE LÉON DEGRELLE. Tout naturellement, c'est d'abord de la personne du chef que la légende s'est emparée. Il est jeune, et les hommes vous disent avec un peu d'ironie : « Les femmes aiment beaucoup Léon Degrelle. Elles le trouvent si beau ! » Mais les rexistes eux-mêmes en plaisantent et ils ont fait à ce sujet un affreux jeu de mots, qui est tout à fait dans leur manière : « C'est, disent-ils, ce que nous nommons le Rex-Appeal. » On lui prête des sentiments contradictoires, on le dépeint comme un futur Hitler, alors qu'il se défend d'aspirer à la dictature, on l'accuse de gallophobie et on vous explique qu'il n'est même pas Belge, que toute sa famille est française, on lui invente un passé rocambolesque où il aurait été tour à tour, en Amérique, vagabond, soutier, boxeur peut-être gangster. Tout cela est à peu près inévitable. J'aime mieux pourtant la vérité et cela d'autant plus que j'évoquerai longtemps, je suppose, cette nuit en automobile, sur la route de Namur à Bruxelles, dans les bois mouillés, où Léon Degrelle, au retour d'une réunion, me racontait sans ordre, avec cette fraîcheur immédiate, cette poésie extraordinaire qui se dégage de ses moindres mots, son enfance paysanne de dénicheur d'oiseaux et de petit garçon en sabots, voleur de pommes. Il est né à Bouillon, dans les Ardennes belges, le 15 juin 1906 dans une famille qui devait compter en tout huit enfants. Dans la famille de sa mère on avait longtemps été médecin de père en fils. J'ai bien connu mon grand-père, me dit Léon Degrelle. J'avais huit ans quand il est mort. C'était un homme de là-bas, vous savez, un pays âpre l'hiver, pauvre, où les sens vivent rudement. Il partait à cheval, dans la nuit, pour faire ses visites aux malades, comme l'avaient fait son père, son grand-père. Une nuit, on l'a appelé pour une pauvre femme qui attendait un bébé, et qui en avait déjà six, et qui ne savait pas comment elle nourrirait celui-là. Et voilà qu'elle a deux jumeaux, et rien pour celui qu'on n'attendait pas, même pas de quoi le coucher. Alors mon grand-père est revenu chez lui, à Bouillon. Il a pris sa petite fille qui dormait dans le berceau, un grand berceau à la mode ancienne, très haut, en bois courbé. Il a mis sa petite dans le lit de ma grand'mère, il a flanqué le grand diable de berceau en travers de son cheval, et il est reparti, à trente kilomètres de là, pour donner à la bonne femme le berceau de sa petite fille. Je le vois encore, avec ses grandes moustaches, quand il allait organiser des réunions catholiques. Il était le chef des catholiques du pays, et à un moment où c'était plus désintéressé et plus grave qu'aujourd'hui, je vous assure. C'était cela, la famille de ma mère. ...