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Lambelin Roger - Protocoles des sages de Sion


Auteur : Lambelin Roger
Ouvrage : Protocoles des sages de Sion
Année : 1925

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PRÉFACE. Février 1925, Depuis tantôt quatre ans que fut publiée la première édition de cette traduction de la version russe de 1912, les Protocoles ont fait couler des flots d’encre. De nouvelles traductions parurent notamment dans un des pays où le péril juif semble le plus avéré – en Roumanie – et les discussions se poursuivirent dans la presse pour tâcher de percer les voiles mystérieux qui enveloppent ce document si ardemment étudié et commenté. Du côté chrétien parurent, en 1922, une étude fort intéressante de Mgr Jouin, sur les Protocoles de G. Butmi, d’après l’édition de 1901, et un ouvrage historique de Mrs Nesta Webster où l’Illuminisme de Weishaupt est présenté, avec citations à l’appui, comme l’une des sources des doctrines et des méthodes exposées dans les Protocoles. Du côté juif et philo-sémite, tout fut mis en oeuvre, en France, en Angleterre, aux Etats-Unis, en Allemagne, pour tâcher d’enlever au fameux document la valeur, l’autorité, qu’il tenait de son texte même. MM. Salomon Reinach, Lucien Wolf, Zangwill et une pléiade d’écrivains qui n’étaient pas tous juifs, s’appliquèrent à démontrer qu’il ne fallait pas attribuer à Israël l’éclosion du bolchevisme russe, et les hypothèses les plus variées furent émises sur l’origine d’un pamphlet dont l’auteur ne pouvait être qu’un agent de la police tsariste, désireux de provoquer des pogroms. Cependant, en raison de leur nombre, et de l’absence de preuves susceptibles de les étayer, les hypothèses ne semblaient guère vraisemblables. Le comité de presse institué par les organisations juives de Londres pour combattre ce qu’on appelait « un nouvel antisémitisme » était à bout de souffle quand, soudain, le Times annonça une mirifique découverte. C’en était fini du mystère cachant l’origine des « Protocoles ». Le pamphlet était bien un faux, une forgery ; Israël pouvait se réjouir, remercier Jéhovah : ses ennemis étaient confondus, pulvérisés... En trois articles, parus dans ses numéros des 16, 17 et 18 août 1921 le Times racontait sa découverte. Son correspondant de Constantinople avait reçu d’un Russe réfugié en Turquie, après promesse faite de ne jamais révéler son nom, un livre de petit format ayant pour titre Dialogue aux Enfers entre Machiavel et Montesquieu et pour auteur Maurice Joly. Ce Préambule rocambolesque offrait-il quelque intérêt ? C’est douteux, mais cela donnait un petit parfum romantique au récit, d’autant que le Russe, prudent et désireux de garder l’incognito, était qualifié d’ancien membre de « l’Ochrana » (police secrète russe). Le livre figurait au catalogue du British Muséum et de la Bibliothèque nationale. Il avait paru à Bruxelles à la fin de l’Empire et avait valu à son auteur une condamnation pour « excitation à la haine et au mépris du gouvernement impérial. ». Il était donc superflu d’aller à Constantinople pour le découvrir. Dans le pamphlet politique, dirigé contre Napoléon III, il n’est aucunement question des Juifs. Mais Maurice Joly formule, par l’organe de Machiavel, toute une théorie sur le gouvernement des peuples comprenant : légitimation des coups d’Etat, établissement d’un pouvoir tyrannique, fondé sur la corruption, la domestication de la presse, de la magistrature, de l’Université, soutenu par la police et la force armée. Par une transposition facile, ce pouvoir tyrannique, défini par Machiavel, peut s’appliquer à l’impérialisme d’Israël aussi bien qu’à l’absolutisme napoléonien. De fait que certains passages des Protocoles sont soi-disant inspirés de paragraphes du Dialogue aux Enfers, toute la presse juive et même certains journaux qu’on croyait indépendants, en ont déduit que 1er petit livre révélé par Nilus et Butmi était une Supercherie, un « faux » au même titre que les Monita Secreta attribués naguère aux Jésuites. Cependant Maurice Joly était un républicain fanatique, peu suspect de s’être prêté à une manoeuvre contre la démocratie et les Juifs. Qui donc avait pu se servir de son pamphlet pour le transformer en arme de guerre, en char d’assaut manié par les antisémites ? Le Times et quelques autres feuilles donnèrent libre cours à leur imagination et firent intervenir dans l’affaire l’hypnotiseur Philippe, le grand duc serge Alexandrovitch, une princesse Radziwill, et finirent par attribuer la paternité des Protocoles à un trio de policiers russes... Mais cette attribution n’était encore qu’une hypothèse et aucune application plausible, aucun témoignage valable n’en établissait la véracité. En nous maintenant strictement sur le terrain de la critique historique, il faut reconnaître que l’origine des Protocoles demeure mystérieuse et que son auteur ou ses auteurs restent inconnus. Toutefois quelles que soient les sources du document, son texte vaut d’être retenu et divulgué. Si le texte des Protocoles porte en soi un enseignement, offre un intérêt puissant et actuel, c’est parce qu’il procède d’inspirations juive et maçonnique et montre de quelle manière les sociétés secrètes, la corruption, le terrorisme peuvent être utilisés par Israël pour réaliser sa domination mondiale. Cette mystérieuse brochure, selon le mot du Morning Post est un « varie mecum des méthodes par lesquelles de grands empires ont été et peuvent être détruits. » INTRODUCTION. Sur divers points du lointain horizon, l’on perçoit la formation de vagues d’antisémitisme. Elles n’ont encore qu’un très faible relief ; mais sous le souffle des poussées juives qui se manifestent de tous côtés, elles vont se creuser, accélérer leur allure et peut-être Seront-elles formidables quand elles déferleront, avec une écume blanche fusant vers le ciel, Sur les rivages où Israël a cru construire d’imprenables citadelles. L’antisémitisme est-il provoqué par des causes superficielles et temporaires ou par des raisons durables et profondes ? Les Juifs doivent-ils être considérés comme responsables, pour une large part, du malaise mondial consécutif à la guerre ? Ce sont des faits rigoureusement constatés, des rapprochements loyalement opérés, des considérations logiquement déduites, qui peuvent seu1s permettre de répondre à ces questions. Le gouvernement britannique, M. David Lloyd George étant premier ministre, est complètement inféodé é la politique d’Israël. Il serait difficile de contester cette affirmation. Six Israélites sont Privy councillors ; deux siègent au ministère : sir Alfred Mond et l’honorable Edwin Montagu et ce ne sont peut-être pas les plus enjuivés du Cabinet. Quand les chefs du mouvement sioniste, prévoyant la victoire finale de l’Entente, voulurent poser de solides jalons pour l’édification du futur royaume palestinien, c’est le ministre des affaires étrangères, M. Arthur James Balfour, qui, au nom du gouvernement de Sa majesté britannique, écrivit à lord Rothschild et prit l’engagement de favoriser de tout son pouvoir la création du « Foyer national juif ». C’est un Israélite, devenu Lord Chier Justice Of England, Rufus Isaacs lord Reading, qui fut envoyé à Washington comme haut commissaire et ambassadeur extraordinaire pour y régler avec les Israélites du président Wilson : l’ambassadeur Morgenthau, le banquier Jacob Schiff, le juge Brandeis, le professeur Francfurter, les délicates questions politiques et financières que soulevèrent les derniers mois de la guerre et les préliminaires de la paix. Quand l’Angleterre obtint de la Société des Nations un mandat provisoire sur la Palestine, où, sur 700 000 habitants, il n’y avait guère que 65 000 Juifs, c’est encore un israélite, sir Herbert Samuel, qui reçut des pouvoirs quasi-souverains pour administrer la Terre Sainte et y établir un régime juif. Un poste de gouverneur est-il vacant au Queensland, c’est encore un Israélite, sir Matthew Nathan, qui est désigné pour l’occuper ! La Société des Nations confie à l’Angleterre le secrétariat général de son organisation permanente. Sir Eric Drummond, dés son arrivée à Genève, fait visite au grand rabbin de la ville, lui présente son personnel, l’assure de son admiration pour les Juifs et de son complet dévouement à leur cause et à leur idéal. Parmi ses collaborateurs principaux, il convient de citer l’ancien capitaine interprète Mantoux, chef de la section politique, doublé du major Abraham et de Mme N. Spiller. Lorsque les délégués des associations juives introduisirent à la Société des Nations une demande tendant à subordonner l’admission des nouveaux Etats dans la Ligue à l’acceptation préalable de la clause des minorités – qu’on pourrait définir le droit des juifs à former un Etat dans les Etats – c’est lord Robert Cecil, cousin de M. Arthur Balfour, qui se constitua leur avocat. Le prince de Galles ayant fait un voyage autour du monde pour aller visiter les Dominions et les colonies de l’empire britannique, les Juifs organisèrent, dès le retour du prince, sous le titre de War Memorial Empire Tour, Un voyage comportant un itinéraire presque identique. Au nom des organisations juives et sionistes, le grand rabbin Hertz, accompagné de M. A. M. Woolf, va, lui aussi, visiter les colonies et Dominions, pour donner des mots d’ordre aux communautés éparses, réchauffer leur zèle religieux et recueillir des Fonds destinés à édifier à Londres, en souvenir de la guerre, un grand séminaire israélite. Et le caractère officiel que le gouvernement donne à cette mission est attesté par le banquet qui fut offert aux voyageurs à la veille de leur départ. Les ministres, les délégués des Dominions et colonies y étaient représentés. Lord Rothschild, qui occupait le fauteuil présidentiel, porta le toast : « Au gouvernement de Sa Majesté » et déclara que parmi les ministères qui avaient tenu les rênes du pouvoir en Grande-Bretagne, aucun, au même degré que le ministère actuel, n’avait « témoigné autant de vraie sympathie aux projets et à l’idéal des Juifs ». En répondant au nom du Gouvernement, lord Milner remercia le président d’avoir formulé un pareil éloge et n’hésita pas à exprimer 1"idée que l’empire britannique avait été amplement récompensé de sa politique pro-juive ! A Capetown, à Durban, à Johannesburg, dans les cités australiennes, partout les envoyés d’Israël furent reçus avec des honneurs princiers. Les autorités civiles et militaires venaient à leur rencontre, leur souhaitaient la bienvenue et se mettaient à leur service. Quelques mois auparavant, le gouvernement de M. Lloyd George, avisé par des informateurs peu véridiques que des « pogroms » s’étaient produits en Pologne, avait, de sa propre initiative, envoyé à Varsovie une commission d’enquête, présidée par un juif, sir Stuart Samuel. N’était-ce pas faire connaître urbi et orbi que l’Angleterre prétendait se faire en tous parts le champion d’Israël ? Au reste, quand lord Chelmsford, fut arrivé au terme de son mandat le vice-roi de l’Inde c’est Rufus Izaacs Lord Reading, l’ancien Lord Chief Justice et haut commissaire à Washington, qui fut appelé à recueillir sa succession, charge d’autant plus délicate et redoutable que l’Inde, en mal de réformes politiques et administratives, est en pleine effervescence. Aux Etats-Unis, sous le règne du président Wilson, la conquête juive fut aussi manifeste qu’en Angleterre. Il ne faut pas oublier que c’est sur l’injonction de Jacob Schiff et de plusieurs banquiers judéo-allemands, en plein accord avec M. Lloyd George, que M. Woodrow Wilson fit introduire dans le traité de paix les clauses troubles relatives aux réparations, au plébiscite de la Haute-Silésie, aux régimes concernant la Sarre, Fiume, Dantzig. Et après avoir été désavoué par ses concitoyens, qui refusèrent d’adopter ,son idéalisme humanitaire et de le suivre dans la voie dangereuse où il avait engagé l’Europe, le président des Etats-Unis trouva moyen d’affirmer encore ses sympathies juives. Il désigna deux Israélites pour le représenter dans deux arbitrages que la Société des Nations voulut lui confier, et, répondant à une plainte de son ami le rabbin Wise sur le sort des Israélites de l’Europe orientale. Il formula dans une lettre publique son admiration pour les Hébreux : « Nous savons aux Etats-Unis, où les Juifs jouissent de la plus complète égalité, avec quelle loyauté ils servent et avec quelle fidélité ils défendent les intérêts et l’idéal de notre propre nation ». Si les Juifs furent autrefois persécutés en Russie, la Révolution, préparée par eux depuis longtemps, intervertit singulièrement les rôles. L’effondrement du tsarisme, le traité de Brest-Litovsk mettant fin aux hostilités avec l’Allemagne et le régime des soviets furent l’oeuvre des Juifs. Le rhéteur Kerensky, qui servit de passerelle entre la Douma démocratique et le communisme sanglant est israélite. Lénine est, dit-on, le mari d’une juive ; Trotsky, Radek, Zinoview et les trois quarts des commissaires du peuple sont juifs. Quand l’armée rouge envahit la Pologne, elle traita en alliés les Israélites des villes occupées qui, d’ailleurs, presque partout, s’incorporèrent à ses troupes lorsqu’elle fut contrainte à battre en retraite. Au moment de l’armistice et des premiers pourparlers internationaux, les Juifs rendirent un service capital à l’Allemagne en camouflant ses états en pays démocratiques et socialistes. Après, la fuite de l’empereur Guillaume en Hollande, le nouveau gouvernement du Reich tomba aux mains d’Israël. Le ministre des affaires étrangères, Haase ; celui des finances, Schiffer, celui de l’intérieur, Preuss, étaient juifs. En Prusse, le Cabinet ne comptait guère que des Israélites. Kurt Eisner gouverna la Bavière. En Hongrie, Bela Kuhn ou Cohen régna, mais sa tyrannie fut si horrible qu’elle n’eut qu’une existence éphémère. A part l’Autriche, sacrifiée et ruinée, les Etats démocratisés gagnèrent les bonnes grâces des Juifs et des puritains anglo-saxons, principalement préposés à la confection du traité de paix. La délégation allemande à Paris ne comprenait guère que des hébreux, parmi lesquels Oscar Oppenheimer et Marx Warburg., ce dernier, frère du gendre du banquier de New-York, Jacob Schiff. Les quatorze points du président Wilson – dont le dernier. lançait l’idée d’une Ligue des Nations – et 1es cinq points complémentaires ajoutés aux précédents dans un discours prononcé à New-York en septembre 1918 pour en fixer les bases, furent invoqués par le prince Max de Bade, chancelier du Reich, dès que l’Allemagne vaincue, effondrée, sollicita la paix. Cette paix étrange, plus favorable aux vaincus qu’aux vainqueurs – les anglo-saxons exceptés – cette paix au mécanisme délicat et compliqué, nécessitant un contrôle constant et de longue durée, menacée de brisure dès qu’un atome se glissait dans un de Ses rouages, sauva l’unité de l’Allemagne et lui laissa une large part de sa puissance ; mais elle eut aussi le privilège de correspondre aux désirs, aux ambitions, à l’idéal des Israélites. En empêchant le relèvement économique des Etats belligérants, cette paix était propice aux grandes banques qu’ils dirigent, aux trusts internationaux enrichis par la guerre et détenteurs des réserves financières du monde. Il ne faut pas être surpris si la Société des Nations fut déclarée « essentiellement d’inspiration juive » par Israël Zangwill ; et M. Lucien Wolf, délégué des associations juives, après avoir assisté à Genève à 1’assemblée de la Ligue, n’hésita pas à affirmer de son côté que cette « Société » était en harmonie avec les nobles et les plus saintes traditions du Judaïsme et que tous les israélites devaient considérer comme un devoir sacré de la soutenir par tous les moyens. Il semble bien que le péril juif, qui se manifestait par tant de symptômes et par tant de faits, ne fut vraiment révélé au grand public que lorsque parut la traduction d’un fragment d’un livre russe enregistré au British Museum en août 1006, et qui avait pour titre : Le Grand dans le Petit et l’Antéchrist comme une possibilité politique immédiate. (Notes d’un Orthodoxe, 1* édition, corrigée et augmentée. Tsarkoië-Selo, 1905). Cette traduction fut éditée en décembre 1919, chez Evre et Spottiswoode et intitulée : The Jewish Peril : Protocols of the Learned Elders of Sion. Elle serait restée longtemps ignorée en Angleterre, si un rédacteur du Times n’avait eu l’idée de lui consacrer an article, d’en donner un compte rendu assez détaillé qui peut se résumer en une angoissante interrogation : Si ce livre est l’expression de la vérité, n’aurions-nous échappé à une paix germanique que pour subir les conditions d’une paix juive ? En même temps que paraissait à Londres une traduction anglaise des « Protocols », une traduction allemande était publiée à Charlottenburg (Berlin), par M. Gottfried Zur Beek : Die Geheimnisse der Weissen von Zion (Les Secrets des Sages de Sion) et se répandait assez rapidement dans les Etats du Reich, ainsi qu’en Autriche. A peine l’article du Times eut-il appelé l’attention sur le Jewish Peril, que le petit livre devint introuvable, et, chose bizarre, MM. Eyre et Spottiswoode déclarèrent qu’ils n’en feraient pas an nouveau tirage. Mais, en attendant que par les soins d’une association nationaliste : «The Britons » fat publiée une nouvelle édition anglaise, le grand quotidien The Morning Post fit paraître, sous le titre : The Cause of World Unrest, une série d’articles d’une vive allure, fondés sur les textes des « Protocols » et sur des documents ultérieurement découverts et démontrant que c’est aux Juifs qJ1’il fallait attribuer le malaise mondial prolongeant les difficultés politiques et financières issue de la guerre. Aux Etats-Unis fut éditée chez MM. Small, Maynard de Boston, une autre traduction intitulée : The Protocols and World Revolution. Une version polonaise parut encore en 1920. En France, quelques comptes rendus, accompagnés de citations du livre de Serge Nilus, furent insérés dans le Correspondant, la Vieille France, d’Urbain Gohier, l’Action française, l’Opinion. Une première traduction en fut publiée dans la Libre Parole, mais c’est seulement en septembre 1910 et au début de1921 que parurent l’édition avec préface de Mgr Jouin et celle de la Vieille France précédée et suivie de commentaires. Il est difficile d’être fixé sur les diverses éditions parues en Russie. Il semble que la première, due au professeur Serge Nilus, parut en 1902, mais elle dut être achetée ou confisquée par les Juifs, car ses exemplaires sont introuvables. Fut-elle rééditée en 1903 ? La chose est possible, mais la première, dont on possède le texte, est celle de 1905, qui figure au catalogue du British Museum. L’écrivain russe G. Butmi en publia une version en 1907, avec le concours de son frère A. L. Butmi sous le titre : L’Ennemi du genre humain. Imprimé par l’Institution de.» sourds-muets de Pétersbourg, le livre était dédié à 1’ « Union du peuple russe », association patriotique qui combattait les Juifs et les sociétés secrètes, si répandues dans l’empire du Tsar. L’oeuvre de Serge Nilus eut de nouvelles éditions en 1911, en 1912, en 1917 et en 1920. C’est sur celle de 1911, imprimée au monastère Saint-Serge, que fut faite la traduction américaine. Quant à celle de 1912, elle n’est mentionnée ni dans la préface de Mgr Jouin, ni dans celles de l’édition allemande et de l’édition américaine ; mais nous l’avons eue entre les mains ; un spécimen de sa couverture est reproduit au seuil de ce volume qui donne la première traduction française faite directement sur le texte russe. L’édition de 1917 fut presque entièrement détruite par les Bolcheviks. Quant à celle de 1920, elle fut imprimée à Berlin. La version des « Protocols » y est reproduite sous le titre Le Rayon de Lumière, et l’éditeur-rédacteur, Pierre Schabelski Bork, l’a accompagnée de commentaires relatifs à la Révolution russe, où sont sévèrement jugés les actes du ministre Tchernov et de Kerensky « qui, placé à la tête de la Russie pendant six mois, par ses discours et par ses actes, a trompé et trahi sa patrie ». Quelles sont donc les origines et la valeur de ces « Protocols » ? A l’instar de l’étincelle électrique qui, dans les cornues, provoque des précipités chimiques, ils eurent la singulière fortune de provoquer des réactions antijuives en révélant aux différents peuples un angoissant péril et en faisant connaître le plan de campagne conçu par Israël pour réaliser son rêve grandiose, l’objet de ses ambitions séculaires : la domination mondiale. Les associations sionistes tinrent un Congrès à Bâle en1897 et y jetèrent les bases d’un programme de conquêtes dont les succès précédemment obtenus justifiaient l’amplitude. Ce programme n’indiquaient pas seulement des objectifs successifs à atteindre ; il préconisait aussi les méthodes à suivre, les règles tactiques à observer. Les diverses sections du Congrès rédigeaient des procès-verbaux de leurs séances, appelés « protocols » destinés à être communiqués à certains initiés et à conserver la trace de ces conciliabules secrets. Serge Nilus, dans l’introduction de l’édition de 1917, déclare que les feuillets contenant des extraits de ces procès-verbaux, rédigés en français, car nombre de Sionistes ignoraient l’hébreu, lui furent remis en 1901 par Alexis Nicolajevitch, Souchotin, maréchal de la noblesse de Chern. Ces feuillets furent aussi communiqués à leur second traducteur russe, C. Butmi. Comment Alexis Nicolajevitch se les était-il procurés ? Deux versions ont cours à ce sujet : ou bien ils furent copiés par une femme, épouse ou maîtresse de l’un des initiés qui les avaient rédigés et qui crut de son devoir de transmettre ces copies à un chrétien susceptible de mettre ses coreligionnaires en garde contre des menées ténébreuses et menaçantes ; ou bien elles furent dérobées dans un coffre-fort que possédaient les Sionistes dans une ville d’Alsace. Il n’est pas certain que l’une de ces deux hypothèses soit exacte, car les détenteurs des feuillets ont dû s’efforcer de soustraire à tous soupçons et à toutes vengeances l’auteur ou les auteurs de la soustraction ou des indiscrétions commises. Les traducteurs russes sont tous deux des hommes honorables et Fermement religieux. Leurs versions sont, à quelques détails près, concordantes. Quant à la réalité de la soustraction de documents des archives israélites, elle est confirmée par une circulaire du Comité sioniste, datée de 1901 et dans laquelle le docteur Hertzl se plaint des fuites qui ont permis aux Gentils de connaître les secrets des « Protocols ». Les « Protocols » sont au nombre de vingt-quatre. Ce sont plutôt des enseignements et des maximes que des procès-verbaux. Il semble que leur ou leurs auteurs aient eu pour principal souci d’exposer en vingt-quatre leçons les doctrines d’Israël, les objectifs qu’il poursuit depuis les temps les plus reculés, et les détails de l’ultime plan de campagne pour la conquête du pouvoir mondial, alors que tout semblait préparé pour commencer la lutte décisive. Pour les Juifs, il n’y a d’autre droit que la force ; le libéralisme a détruit chez les Goys la religion et l’autorité ; l’or est aux mains d’Israël et, par l’or, il s’est emparé de la presse et de l’opinion qui commandent aux gouvernements dans les Etats démocratisés. Les loges maçonniques sont dirigées par les juifs qui en orientent les manifestations et la propagande. Les peuples chrétiens seront un jour tellement désemparés qu’ils réclameront un super gouvernement universel émanant des juifs. Des guerres particulières et un conflit mondial qu’Israël saura déchaîner hâteront son règne. L’autocratie juive remplacera le libéralisme des Etats chrétiens. Toutes les religions seront abolies sauf celle de Moïse. Pour montrer leur pouvoir, les Juifs terrasseront et asserviront par l’assassinat et le terrorisme un des peuples de l’Europe. Un impôt progressif sur le capital et des emprunts d’Etat achèveront de ruiner les chrétiens qu’un enseignement athée aura démoralisés ; et l’heure, si longtemps attendue, sonnera. Le roi des Juifs, incarnation du Destin, régnera sur l’univers dompté. Telle est en raccourci la donnée des « Protocols ». Il est bon d’en méditer les divers chapitres, de comparer leur texte à d’autres documents d’origine hébraïque et d’observer dans quelle mesure ont été réalisés, pendant et depuis la guerre, les faits prévus et les événements annoncés dans des feuillets écrits vingt ans auparavant. Le troisième chapitre de ces leçons des Sages d’Israël contient une allusion au Serpent qui symbolise la marche progressive d’Israël vers la domination universelle. Serge Nilus, dans l’épilogue de son livre, dont les versions américaine et allemande n’ont pas donné la traduction, fournit de curieux détails sur ce symbole de la puissance juive, à jamais victorieuse, lorsqu’elle aura encerclé les Etats européens. D’après les traditions judaïques, cette prédiction remonterait au temps de Salomon. La tète du serpent représente les dirigeants, les initiés d’Israël. Elle pénètre au coeur de chacune des nations pour les corrompre, les détruire ; et, partie de Sion, elle doit y revenir après avoir accompli le cycle de ses conquêtes. Les Sionistes ont depuis longtemps dressé la carte où est tracé l’itinéraire du reptile et sur cette carte en sont marquées les grandes étapes parcourues et à parcourir. La première le conduit en Grèce, au temps de Périclès, en l’an 429 avant Jésus-Christ ; c’est sous le règne d’Auguste, un peu avant la naissance de Jésus Christ que la tête du Serpent pénétra dans Rome. Madrid la vit apparaître sous Charles Quint ; Paris, au déclin du règne de Louis XIV ; Londres, à la chute de Napoléon ; Berlin en 1871, après les apothéoses du traité de Versailles ; Pétersbourg en I881. Il est notable que tous les Etats, sur lesquels le Serpent laissa sa trace baveuse, furent ébranlés jusque dans leurs fondations par des crises politiques et sociales. La carte indique par des flèches les dernières étapes : Moscou, Kieff, Odessa, Constantinople et enfin Jérusalem, point de départ et point terminus du Fatal itinéraire. Serge Nilus, dans l’édition de 1912 des « Protocols », cite encore plusieurs documents qui viennent corroborer les enseignements et les prédictions des Sages de Sion. Au mois de novembre 1910, Les Nouvelles de Moscou (Moskovskia Viedomosti) publiaient un article de K. J. Tour, intitulé « Les programmes juifs secrets » montrant les progrès réalisés par les juifs dans l’empire russe : « Durant ces dernières cinquante années bien des catastrophes sont survenues, et chacune de ces catastrophes a avancé d’un pas de géant l’oeuvre juive... « En Russie, la Révolution n’a pas tout à fait réussi, et cependant les Juifs ont beaucoup gagné, grâce aux événements de 1905 et 1906. Leurs derniers congrès ont dévoilé toutes leurs espérances. La Douma a été saisie d’un projet, signé d’un grand nombre de députés, accordant une complète égalité de droits aux Juifs. Et ceux-ci jouissent déjà de facto de nombreux avantages. Depuis le ministère de Witte, les limites de résidence des Israélites, mal observées autrefois, ont été rendues illusoires par une série de circulaires, et les troubles, qui ont ruiné et démoralisé les populations indigènes, ont encore tourné au profit des Juifs. » Un écrivain contemporain, M. Damtschanko, exprimait cette opinion dans an livre paru en 1911 : « Vu leur nombre relativement petit, les Juifs seuls, dans une lutte ouverte, ne peuvent certainement pas vaincre la population au milieu de laquelle ils vivent en parasite. mais ils ont inventé un mode de suicide pour les chrétiens en provoquant habilement chez eux des discordes intestines et une désorganisation habilement préparée. » Après avoir accaparé l’or et mis la main sur les principaux organes de la presse, ils se sont attaqués aux monarques, parce que ceux-ci sont une force supérieure, pleine d’abnégation et disposée en conséquence à défendre tout ce qui est faible. » C’est pourquoi les Juifs ont partout favorisé la substitution du régime républicain au régime monarchique. Quant au Bolchevisme, les juifs de Russie ne nient pris qu’ils en soient les auteurs responsables : Dans un journal de Charkow, publié en yeddish, Der Kommunist, un israélite, M. Kohen, écrivait le 12 avril 1919 : On peut dire sans exagération que la grande révolution sociale russe a été l’oeuvre des Juifs et que les Juifs ont, non seulement mené l’affaire, mais encore qu’ils ont pris en main la cause des Soviets. Nous pouvons être tranquilles, nous Juifs, tant que la direction suprême de l’armée rouge sera entre les mains de Léon Trotsky. Il n’est peut-être pas téméraire de penser que si, tout récemment, l’Angleterre a conclu une paix avec les Soviets, c’est parce que les Israélites du ministère et ceux qui gravitent autour de M. Lloyd George ont eu assez d’influence sur le gouvernement britannique pour l’amener, sous le couvert d’avantages commerciaux, à soutenir le régime juif de la Russie révolutionnaire. Ces considérations et les commentaires de Serge Nilus peuvent éclairer on justifier certains passages des « Protocols », mais le texte lui-même ne manque ni de clarté ni de profondeur. Il porte en soi une force de démonstration peu commune et c’est pourquoi les juifs, après s’être efforcés vainement de confisquer cette brochure et d’étouffer les voix indiscrètes révélant le plan de campagne d’Israël, se sont attachés à faire croire que les procès-verbaux des Sages de Sion étaient apocryphes et ne reposaient sur aucune donnée sérieuse. C’est M. Salomon Reinach, qui le premier, dans l’Opinion du 26 juin 1920, déclara que les « Protocols » avaient été purement et simplement inventés. Le « faussaire Nilus » avait puisé ses fantaisies « dans la littérature révolutionnaire marxiste », et les juifs, comme les francs-maçons, étaient horriblement calomniés ainsi que l’avaient été autrefois les Jésuites, lors de la publication des prétendus Monita Secreta. Il ne chercha pas à pousser plus avant sa démonstration. De l’autre côté de la Manche, où l’article initial du Times et la campagne prolongée du Morning Post avaient produit une vive et profonde impression, les Israélites pensèrent qu’il était nécessaire d’établir l’inanité des documents révélés et de réfuter d’une manière aussi serrée que possible les arguments puisés dans les « Protocols » pour1nontrer la réalité menaçante du péril juif. Le Conseil de leurs députés, par l’organe de son Comité de la presse, chargea M. Lucien Wolf de cette mission délicate. Pas plus que Salomon Reinach, M.L. Wolf n’était sioniste avant la guerre ; il n’avait donc pas assisté au congrès de Bâle de 1897 ; mais c’était un journaliste expérimenté : ancien collaborateur du Daily Graphic, où il traitait de la politique étrangère, ancien correspondant à Londres du quotidien français Le Journal, il était fort répandu dans la presse, d’autant qu’il avait été grand maître de la Loge maçonnique des auteurs et président de l’Institut des journalistes. Le choix semblait donc heureux à tous égards. Cependant le résultat n’a guère correspondu aux espérances conçues par les dirigeants israélites. M. Lucien Wolf écrivit trois articles insérés respectivement dans le Manchester Guardian, le Spectator, le Daily Telegraph ; puis il réunit ces articles en une brochure assaisonnée d’une sauce assez fade qui fut publiée sous le titre un peu long : The Jewish Bogey and the forged Protocols of the Leamed Elders of Sion. J’ai lu avec soin cette brochure. Elle débute par une critique assez confuse des dix-sept articles parus dans le Morning Post sous la rubrique : « The Cause of World Unrest ». M. Lucien Wolf. s’efforce de démontrer par des témoignages, auxquels il attribue une valeur historique, que la propagande juive n’est par essence ni anti-monarchique, ni anti-chrétienne. Il déclare aussi que la « judaïsation » de la franc-maçonnerie est de pure invention, alors qu’en sa personne s’affirme, de la plus évidente manière, la pénétration d’Israël dans l’organisme maçonnique. Aux préoccupations patriotiques du rédacteur du Morning Post, il oppose des arguments spécieux. A ses yeux, Marx ne saurait être considéré comme le représentant des idées sociales du judaïsme ; ses doctrines procèdent au contraire des conceptions de Hegel et de Feuerbach qui étaient des « Gentils » et sont en opposition avec le syndicalisme et le bolchevisme. Pour conclure, ce que le quotidien britannique appelle la « Formidable secte » responsable du malaise mondial, ne serait qu’un mythe, sorti du cerveau d’Allemands antisémites et anglophobes et basée sur « une impudente supercherie ». Vient alors l’essai de démonstration de la forgery des « Protocols ». M. L. Wolf commence par tourner autour de la question. Il fait allusion aux sociétés secrètes et aux livres apocalyptiques qui défrayèrent les chroniques du XVII et du XVIII siècles, puis il entreprend une réfutation des documents publiés par un Allemand, Hermann Goedsche vers1868. L’un d’eux avait pour auteur supposé un Anglais, sir John Retcliffe, et traitait des événements politico-historiques survenus pendant les dix années précédentes. Un autre, que reproduisirent les journaux conservateurs allemands, et une revue française Le Contemporain, donnait le texte d’un discours qu’aurait tenu à ses disciples un grand rabbin dans le cimetière de Prague. De ce que sir John Retcliffe n’aurait jamais existé, et que le discours du rabbin semble apocryphe, M. Lucien Wolf tire des arguments qu’il estime décisifs. Cependant Edouard Drumont n’avait jamais pris au sérieux ces produits de l’antisémitisme germanique et n’en avait pas fait état dans les chapitres documentés de la France juive, Mais M. Wolf a trouvé quelques analogies entre les révélations de Goedsche et un passage des « Protocols » où est expliquée la politique suivie par les Juifs pour gouverner les masses ouvrières en promettant de les émanciper. Il n’en faut pas davantage pour qu’il en tire cette conclusion : Les dires de Goedsche constituant une supercherie, ceux de Nilus ont évidemment le même caractère. Un autre argument du même genre est présenté. Dans ses Réflexions d’un Homme d’Etat russe, un ancien procureur du Saint-Synode, M. Constantin Petrovich Pobyadonoszeff a critiqué sévèrement les régimes démocratiques et qualifié le suffrage universel : « la grande erreur de notre temps ». Il en a déduit que l’autocratie donnait aux peuples de plus sûres garanties de bonne administration ; et, comme la même pensée «e retrouve dans un chapitre des « Protocols », leur auteur est accusé de plagiat. Il faut vraiment que la cause, dont il est chargé, soit difficile à plaider pour qu’un avocat aussi avisé que l’auteur du Jewish Bogey ne trouve pas d’arguments plus décisifs. Il raconte un peu plus loin que, se trouvant en France en 1919, il fut mis au courant de la visite qu’aurait reçue une délégation juive alors à Paris. Un Lithuanien, ayant appartenu à la police secrète juive, se présenta aux délégués, leur fit des protestations de dévouement et déclara qu’il était en situation d’empêcher la publication d’un livre très dangereux qui, s’il voyait le jour, pourrait ruiner la maison d’Israël. Tout service méritant salaire, le visiteur demandait modestement dix mille livres sterling. On le pria de montrer le livre en question, c’était « Les Protocols ». Le Lithuanien fut éconduit, et quelques mois après paraissaient à Londres et à Charlottenburg les premières traductions anglaise et allemande du livre de Serge Nilus ! Il faut vraiment que M. Lucien Wolf soit à bout de souffle pour présenter une argumentation aussi enfantine. En quoi le fait de donner dix mille livres à une personne munie d’un exemplaire des « Protocols » eut-il pu empêcher la traduction et la publication d’un ouvrage qui avait eu avant la guerre et la Révolution russe cinq ou six éditions, et dont un spécimen figurait dans la bibliothèque du British Museum ? Enfin le porte-parole du Jewish Board of Deputies se bat les flancs pour faire pénétrer dans la cervelle de ses lecteurs l’idée que les Juifs de Russie et de Pologne n’ont rien de commun avec le bolchevisme. Ce sont les conservateurs allemands et les tsaristes qui ont lancé de pareilles calomnies, et, pour que l’oreille du franc-maçon israélite montre sa pointe, M. Lucien Wolf signale avec indignation un pamphlet anonyme, d’inspiration apocalyptique, « imprimé à Paris l’an dernier par les Jésuites de la rue Garancière » sous le titre Le Bolchevisme ! Il semble que le fait de citer gravement une imprimerie des Jésuites fonctionnant rue Garancière suffirait pour enlever toute autorité aux thèses soutenues par l’avocat officiel des Israélites anglais. Mais voici que la Vieille France, dans une fort curieuse étude signée : L. Fry, se dit en mesure de révéler l’auteur des « Protocols ». Il aurait pour nom Asher Ginzberg, en hébreu Achad Haam, ce qui signifie « un parmi le peuple ». Né à Skvira (gouvernement de Kiew), il étudia le Talmud dans les écoles juives, épousa la petite-fille d’un rabbin de Lubowitz, entra dans le Kahal, fonda un groupe de « jeunes sionistes », puis une société secrète Ben Moshe (les fils de Moïse). Il assistait au Congrès sioniste de Bâle, y aurait donné lecture des leçons formant les vingt-quatre Protocols mais ne se serait pas entendu avec le docteur Hertzl, ni avec Max Nordau, qui le jugeaient trop intransigeant dans son nationalisme. Il parait qu’Asher Ginzberg figura en tête du Comité politique juif formé en Angleterre en 1917, et que parmi ceux de sa race, il jouit d’un grand prestige, Le poète Chaym Bialik le considère comme « un prophète », comme une étoile et le vénère comme « le maître qui seul a su montrer aux enfants de l’exil leur chemin vers la liberté ». Si Ginzberg réside à Londres, comme le croit M. L. Fry, il pourrait avec compétence donner son avis sur la brochure de M. Lucien Wolf et sur les « Protocols » de Serge Nilus, mais les Israélites n’ont pas coutume d’initier les profanes à leurs affaires, à leurs conciliabules, à leurs divergences de vue. On s’en aperçoit une fois de plus si l’on considère que, depuis la déclaration Balfour et l’organisation du « foyer national » de Palestine, aucun juif n’ose se déclarer hostile au sionisme, alors qu’auparavant les non-sionistes étaient légion. Il est à coup sur intéressant de savoir quel est l’auteur ou quels sont les dateurs des « Protocols », mais cette question n’a qu’une portée secondaire, et je dirai même que l’authenticité de ce document n’a aussi qu’une valeur relative. En analysant les « Protocols », abstraction faite des commentaires de leurs éditeurs et de toutes les polémiques provoquées par leur publication, on y discerne trois éléments essentiels souvent enchevêtrés : 1° Une critique philosophique des principes libéraux et une apologie du régime autocratique. 2° L’exposé d’un plan de campagne, méthodiquement élaboré, pour assurer aux Juifs la domination mondiale. 3° Des vues prophétiques sur la réalisation prochaine des parties essentielles de ce plan. De même il y a une exacte concordance avec tous les documents hébraïques qu’on possède ; et l’effondrement de la Russie, les clauses anormales de la paix, la création du super gouvernement, appelé Société des Nations, l’établissement du judaïsme à Jérusalem, constituent la plus éclatante démonstration de la réalité du plan de conquête arrêté par les Sages de Sion. En étudiant dans ses Lundis l’oeuvre de Joseph de Maistre, Sainte-Beuve avait exprimé cette opinion sur Les Considérations sur la France : « L’impression que fit ce livre au moment où il parut fut vive, mais sa grande explosion n’eut lieu que vingt ans plus tard, lorsque les événements en eurent vérifié les points les plus mémorables. » Les « Protocols » ont avec Les Considérations sur la France un trait commun : leur caractère prophétique. Peut-être pourra-t-on, à brève échéance, formuler à leur propos un jugement pareil à celui de Sainte-Beuve. ROGER LAMBELIN. ...

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