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Ayroles Jean-Baptiste-Joseph - Les iniquités du procès de condamnation de la vénérable Jeanne la Pucelle


Auteur : Ayroles Jean-Baptiste-Joseph
Ouvrage : Les iniquités du procès de condamnation de la vénérable Jeanne la Pucelle
Année : 1904

Lien de téléchargement : Ayroles_Jean-Baptiste-Joseph_-_Les_iniquites_du_proces_de_condamnation_de_la_venerable_Jeanne_la_Pucelle.zip

AVANT-PROPOS. Les meurtriers les plus odieux ne sont pas les assassins des grands chemins. Ils sont à moitié innocents, comparés à ceux qui revêtent le meurtre des formes de la justice et tuent l'innocence au nom de la loi, soit qu'ils pervertissent le sens d'une loi juste en elle-même, soit qu'on donne le nom de loi à des dispositions tyranniques, qui sont le contraire de la loi, parce qu'elles sont dirigées contre ce que doit protéger la loi digne de ce nom : le bien et la vertu. Le JUSTE par excellence a été mis à mort au nom de la loi. Nous avons une loi, disaient les scribes et les pharisiens demandant la mort de Jésus, et d'après la loi il doit mourir. Nos legem habemus, et secundum legem debet mori. (Jean XIX, 7). Plus d'une dizaine de millions de ses disciples, presque tous les martyrs de l'Eglise, ont été mis à mort en vertu de prétendues lois ; et, à ce point de vue, il est vrai de dire, qu'entre les mains des pervers et des tyrans, l'abus de ce mot Loi, a été un glaive qui a tué plus d'innocents que le poignard des brigands. Avec cette arme traîtresse, au moment où ces lignes sont écrites, sur cette terre de France délivrée par la Pucelle, l'on chasse de leurs demeures, l'on jette à la rue, l'on spolie de leurs droits les plus inaliénables, par dizaines de mille, des femmes, des vierges, des hommes voués à tout bien, vraies sœurs, véritables frères de la Vierge libératrice par leurs vertus, par leurs œuvres ; œuvres libératrices, elles aussi, de l'ignorance, du vice et du mal. Que le souvenir de l'héroïque aînée leur soit une consolation, et son culte une espérance. A la réhabilitation, de très savants mémoires furent composés pour mettre en lumière les iniquités du procès de condamnation. Ils sont dûs à ce que la science canonique et théologique comptait de plus éminent. Les premiers qui étudièrent le procès de condamnation, furent deux Romains, venus en France à la suite du légat à Latere, le cardinal d'Estouteville, le promoteur de la révision en cour de Rome ; Paul Pontanus et Théodore de Lellis. Paul Pontanus, avocat consistoriale était connu dans la chrétienté comme canoniste de premier ordre. Il a fait un sommaire de la cause, sur lequel travaillèrent dans la suite nombre de savants consultés. A côté de la question à résoudre, il met, soit les paroles de la victime, extraites de ses réponses, soit les dépositions de quelques témoins déjà entendus ; c'est presque toujours indiquer la solution. De Théodore Lellis, le cardinal de Pavie, plus tard Pape sous le nom de Pie III, écrivait que sous le pontificat de Pie II, et durant la plus grande partie de celui de Paul II, aucune affaire importante n'avait été traitée, aucun document publié, sans que Lellis y fut intervenu. Lui aussi fit un sommaire de la cause et écrivit un mémoire reproduit par Quicherat dans le double procès. Après le recouvrement de Rouen, Charles VII s'empressa de charger Guillaume Bouillé, doyen de Noyon, renommé pour son savoir théologique, de prendre les premières informations sur le drame de Rouen. Bouillé a rédigé un mémoire qui est un des neuf insérés au procès réparateur, où l'on ne trouve ni celui de Lellis, ni le sommaire de Paul Pontanus. Les huit autres sont dus à Robert Cybole, Jean de Montigny ; aux évêques, Thomas Basin, Elie de Boudeilles, Martin Berruyer, Jean Bochard, dit de Vauxelle ; au Grand-Inquisiteur, Jean Bréhal ; on y a ajouté un petit traité de Gerson, dont il va être parlé plus loin. C'étaient, à l'époque, les plus éclatantes lumières de l'Eglise de France. Robert Cybole, chancelier de l'Université, chargé par Charles VII d'importantes légations, est dit par Gérard Machei, confesseur du roi, sage parmi les sages. Il travailla avec le cardinal légat à la célèbre réforme de l'université appelée du nom de ce dernier, la réforme de d'Estouville. Jean de Montigny enseignait le droit canon à l'université ; dans son mémoire il indique la marche à suivre pour faire aboutir la cause. Basin avait été appelé, de la chaire de droit canon à l'université de Caen, au siège épiscopal de Lisieux. Evêque consciencieux, très docte, en faveur sous Charles VII, disgracié sous Louis XI, il occupa les loisirs de son exil à composer l'histoire des deux rois et d'autres ouvrages encore. Martin Berruyer, évêque du Mans, était si renommé pour sa science qu'il avait été envoyé en Bohème pour combattre les erreurs des Hussites. Elie de Bourdeilles, évêque de Périgueux, plus tard archevêque de Tours et cardinal, un Franciscain, était aussi savant que saint ; on avait commencé l'instruction de sa cause en béatification. Bochard, évêque d'Avranches, expurgea, par ordre de Louis XI, l'université de Paris des livres et des doctrines des Nominaux, ces précurseurs du kantisme. Le dominicain Jean Bréhal, Grand-Inquisiteur, fut l'âme du procès de réhabilitation. Dans un grand mémoire intitulé recollectio, récapitulation, il fondit, sous une forme personnelle, les avis sollicités jusqu'à l'étranger. Il fut un des quatre juges qui rendirent la sentence vengeresse. Ces juges eux-mêmes étaient dignes de la grandeur de la cause sur laquelle ils avaient à se prononcer : c'étaient Jean Juvénal des Ursins, archevêque de Reims, Richard de Longueil, évêque de Coutances, Guillaume Chartier, évêque de Paris. Jean Juvénal des Ursins avait été procureur général du parlement à Poitiers, avant d'entrer dans les dignités ecclésiastiques. Il nous a laissé une intéressante histoire de Charles VI et d'autres ouvrages encore. Charles VII avait mis Richard de Longueil à la tête de l'administration de la justice dans son royaume. Disgracié sous Louis XI, il vécut à Rome où Pie II, qui aimait à dire que n'avons nous beaucoup de Coutances, l'éleva au cardinalat, et mit à profit ses talents et sa vertu. Guillaume Chartier était le digne frère d'Alain et de Jean Chartier, l'un et l'autre bien connus par les œuvres qu'ils nous ont laissées. Les trois délégués choisirent, comme le prescrivait le rescrit pontifical, un quatrième collègue, le Grand-Inquisiteur Jean Bréhal. Impossible, ce semble, de trouver pour faire la lumière sur la cause, plus de garanties de doctrine et de probité. ...

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