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Setzepfandt Dominique - François Mitterand Grand Architecte de l'Univers


Auteur : Setzepfandt Dominique
Ouvrage : François Mitterand Grand Architecte de l'Univers La symbolique maçonnique des Grands Travaux de François Mitterrand
Année : 1995

Lien de téléchargement : Setzepfandt_Dominique_-_Francois_Mitterand_Grand_Architecte_de_l_Univers.zip

Introduction. Daniel Buren est certainement le sculpteur le plus connu de France. Qui n'a entendu parler des « colonnes de Buren », placées dans le Palais Royal, à l'initiative de Jack Lang, ministre de la Culture socialiste et franc-maçon défroqué, puis de François Léotard, séminariste défroqué ? Chacun se sent obligé de donner son avis sur cette réalisation qui a coûté 7 millions de F. (dont 150 000 F. pour Buren) et que leur entretien, en raison de la médiocrité des matériaux, coûte au bas mot 500 000 F. par an. En leur nom, on s'est étripé entre tenants du classicisme et du modernisme. On sait aussi que Lise Toubon, épouse du futur ministre R.P.R. de la Culture, a été à l'origine du comité, principalement constitué d' « intellectuels de gauche » pour « sauver » ces colonnes. Et cette « sculpture » est certainement celle qui a fait couler le plus d'encre ces dernières années. Mais qui pourrait bien donner une explication rationnelle et un sens aux « deux plateaux », le véritable nom de cette ensemble de 260 colonnes striées de noir et de blanc ? Même s'il ne les apprécie pas, tout visiteur, qui entre dans la cour derrière le Conseil constitutionnel, sent aussitôt instinctivement que ces colonnes n'ont nullement été placées au hasard, qu'elles ont des hauteurs différentes mais proportionnelles, que certaines sont enterrées dans le sol, que de l'eau coule, etc. Bref, qu'elles obéissent à un plan ordonné et conceptualisé. Mais, quelles étaient les visées de leur concepteur ? Dans quels but a-t-il placé des colonnes en cet endroit ? Une première interrogation toute bête. En dehors de toute appréciation esthétique ou d'analyse du plan d'ensemble, qui s'est seulement interrogé, de la droite à la gauche, sur la signification du choix des rayures par Daniel Buren, un thème très rare chez les peintres ou les sculpteurs, même contemporains. Avez-vous jamais réfléchi au sens des rayures ? Pourquoi dans l'art du Moyen Âge, n'y a-t-il jamais de rayure ? Pourquoi personne ne portait de costumes rayés à cette époque ? Tout simplement parce que la rayure était la représentation du diable. Dans les tableaux de Jérôme Bosch, les personnages qui portent des costumes rayés sont le diable, ou ses séides. La seule exception, ce sont les personnages « exotiques » : Balthazar, l'un des trois rois mages, est le Noir. A partir du xve siècle, il porte un costume rayé pour le distinguer de ses homologues. « Tu ne porteras pas de vêtements qui soient faits de deux » dit en effet la Bible. Pour les exégètes du Moyen Age, il s'agissait évidemment de deux couleurs. Dans l'Occident médiéval, ceux qui sont rejetés de la société (les lépreux, les femmes de mauvaise vie, les juifs, les bourreaux, etc.) seront donc condamnés à porter des costumes rayure, afin que les raies contrastées, étant plus visibles qu'une teinte unie, permettent de les distinguer des autres. Les frères religieux de Notre Dame du Mont Carmel (les Carmes) venus d'Orient avec Saint-Louis en 1254 , avec des costumes à rayures, seront appelés les « suppôts du diable ». Plusieurs seront tués par les Parisiens. En 1260, le pape demandera aux Carmes de changer de manteau rayé. Les frères ayant refusé, leur ordre sera supprimé par le pape. Quatorze ans plus lard, le supérieur des Carmes promettra d'obéir pour éviter la dissolution finale. Il faudra finalement attendre 1287 pour obtenir enfin la soumission des religieux. A noter que, en dehors des catégories de population « impures », il ne faisait pas bon s'amuser à porter un costume rayé : en 1310, Rouen, un savetier rouennais, vu avec un costume rayé, sera condamné au bûcher. De même, tous les animaux portant des rayures sont présentés négativement dans les textes et les contes : la guêpe (dangereuse), le serpent (rusé), la pie (voleuse). Dans Le Roman de Renard, le blaireau et le chat appartiennent au clan des menteurs. Au xiiie siècle, le zèbre passe pour une bête féroce et dangereuse. Il faudra attendre Buffon pour que cela change. Ce rejet de la rayure, on le retrouve par la suite dans les costumes des condamnés, des bagnards, des déportés, etc. Ce n'est qu'au xviiie siècle que les marins porteront des maillots rayés blanc et bleu. Et c'est d'ailleurs par la mode des bains de mer, sous Napoléon III, que se développera la rayure. De même, il faudra attendre la Révolution française (dont la religion catholique sera la cible principale) pour voir substituer au drapeau uni blanc à fleur de lys le drapeau rayé des trois couleurs que nous connaissons encore aujourd'hui. La rayure joue encore de nos jours le rôle d'avertisseur de danger : elle est par exemple utilisée par le code de la route pour indiquer les endroits à éviter, à contourner. Les postes-frontières, les bords de trottoirs, les endroits où il est interdit de stationner, sont striés de rayures. Ce thème demeure également un point sensible : au début de 1995, un couturier ayant organisé un défilé avec des mannequins portant des pyjamas rayés, fut mis à l'index par le Congrès juif européen et dut finalement retirer sa collection du marché, car cela rappelait les costumes des déportés raciaux, et notamment ceux des juifs. Ce que n'importe quel paysan du Moyen Âge savait, nous l'ignorons, mis à part quelques héraldistes. C'est tout le mérite de Dominique Setzepfandt d'avoir su rendre accessible au grand public les difficiles et complexes recherches qu'il a menées depuis dix ans sur la symbolique des Grands Travaux de François Mitterrand. Car il faut savoir que c'est bien François Mitterrand qui a été à l'origine de tous les grands travaux, allant jusqu'à créer, fait unique dans l'histoire de la République, un secrétariat d'État aux Grands Travaux. Par exemple, pour l'aménagement du Palais Royal on sait aujourd'hui que c'est François Mitterrand, suivi par Jack Lang, qui a imposé dès l'origine sa préférence pour le projet de Daniel Buren, au détriment de deux autres maquettes. Certains nous objecteront que les travaux de Setzepfandt sont difficiles, qu'ils demandent un effort d'attention et de réflexion. Nous répondrons que les Grands Travaux répondent à des principes largement aussi complexes, qui rejoignent d'ailleurs souvent, par des biais divers, les recherches symboliques de Setzepfandt. Citons, par exemple, quelques passages du seul spécialiste autorisé et officiel des colonnes de Buren. On constatera aisément que ces textes très officiels sont... beaucoup plus compliqués que les écrits de Setzepfandt : « Trois rangées du quadrillage (ont) principalement pour rôle de déterminer les pentes générales du sol. Les six rectangles en effet que délimitent les grilles comptent successivement 3 fois 3, 12 fois 3, 3 fois 3, 3 fois 9, 12 fois 9 et 3 fois 9 carrés. Mais cette numérologie, sans doute, est plus perceptible lorsqu'elle gère la diversité des couleurs et des cylindres (...) les cylindres, dont les hauteurs variables s'avèrent répondre à trois combinaisons seulement (...). L'observateur un tant soit peu attentif est en effet capable de répartir les cylindres en trois classes. » Et l'auteur revient sans arrêt sur « l'activité du chiffre trois ». Sans rentrer dans le détail d'une étude difficile (car éminemment intellectuelle), on indiquera seulement que le piédestal des colonnes de la galerie d'Orléans, construite selon le nombre d'or, détermine très exactement la hauteur d'une des séries de colonnes de Buren et que ces colonnes tronquées sont des cubes parfaits, ayant exactement la même hauteur que leur diamètre. Il y a en outre trois obliques selon lesquelles la hauteur des colonnes est calculée. Il est impossible autrement de comprendre pourquoi Daniel Buren a réalisé des colonnes enfoncées dans le sol que personne ne verra jamais. On jugera des idées de Buren à travers cet autre passage consacré au « puits de Buren » (le seul « puits » visible par les touristes, à l'intersection des deux filets d'eau) : « Conformément au troisième principe, le volume délimité en ce croisement de tranchées tend à se rapprocher du cube et l'atteint effectivement avec les trois premiers cylindres de l'oblique la plus grande, qui, pour affleurer au ras des grilles, sont donc implantées au centre de cubes parfaits (...). Si l'outil visuel (qui est une suite de lignes) est élevé "à la puissance 2" par les alignements des cylindres (qui sont des lignes de lignes), c'est bien à la puissance 3 que, dans sa vertu multipliée à étalonner l'espace, le cube le porte (...). Car ce cube, indéniablement, répond au principe de virtualité pour être seulement figuré par ses arêtes ; au principe d'égalité, en ce que ces côtés offrent tous lu même dimension ; au principe ternaire, par la nature de son volume. Aussi est-il le point d'arrivée d'une enquête dont il aurait pu tout aussi bien constituer le départ. » Pour résumer, que dit cet exégète officiel ? Tout simplement que le rythme, les proportions, la méthode de Buren reposent sur un principe ternaire. Que dit Setzepfandt ? Qu'il s'agit d'une construction maçonnique. Or, la maçonnerie est fondée sur le chiffre trois. La différence est mince. Qu'on ne vienne pas alors nous dire que Setzepfandt est fou. Ou alors, il est aussi fou que ceux qui ont constaté que La Flûte enchantée retrace une initiation maçonnique. On peut évidemment apprécier la musique de cet opéra du frère Wolfgang Mozart, sans se préoccuper du récit maçonnique. Mais, on en perd l'essentiel. De même, il est évident que Buren avait dans la tête une construction extrêmement complexe et nullement gratuite. Même si ces colonnes sont affreuses, si elles enlaidissent ce qui fut un des plus beaux endroits de Paris, elles n'ont rien de gratuit. Dire à leurs propos « Ça ne veut rien dire » est aussi ridicule que de dire e Comme c'est beau ». Même si ce n'est pas de l'art, au sens classique du terme (la recherche du beau), cela ne veut pas dire qu'elles ne signifient rien, qu'elles n'ont pas de sens. Au contraire, elles en ont beaucoup : Elles ont pour but de retransmettre sur le terrain des données cachées, occultées, secrètes. Seuls ceux qui réfléchissent (sans sautiller sur les plots !) peuvent en découvrir le véritable sens. Nous nous sommes longuement attardés sur « les colonnes de Buren », car il s'agit très certainement, avec la pyramide du Louvre, du symbole le plus connu des Grands Travaux de François Mitterrand. Mais, dans ce livre, Dominique Setzepfandt apporte des lumières sur la symbolique cachée qui a présidé à l'érection, non seulement des colonnes de Buren, mais aussi de la Pyramide du Louvre, de l'Arche de La Défense, de l'autel maçonnique du Champs de Mars, de l'Opéra-Bastille, etc. Ce jeune chercheur catholique nous montre, comme vous le verrez, que l'ensemble s'inscrit dans un plan symbolique qui ne laisse aucune place au hasard. C'est déjà beaucoup, car nul n'en avait dit autant. Ces Grands Travaux ont-ils été programmé par des initiés comme Setzepfandt le croit, ou non, je n'en sais rien. Cela n'a d'ailleurs pas, pour moi, une importance primordiale. L'essentiel est de savoir si ces Grands Travaux sont dus à un caprice du Prince ou s'ils ont une signification en eux-mêmes. Donnons un exemple mis en évidence par Setzepfandt : en se rendant, sur le parvis faisant face à l'entrée d'honneur de l'hôtel de ville de Paris, tout badaud peut constater que dans le dallage a été inséré un gigantesque dessin de pierre s'inscrivant dans un cercle parfait. Selon la mairie de Paris, il représente la nef de la corporation des Nautes, qui est devenu le blason bien connu de la Ville de Paris (Fluctuat nec mergitur). Or, il faut vraiment de la bonne volonté pour voir ce navire, d'autant qu'il ne s'agit pas d'un blason (en forme d'écu) mais d'un rond. En revanche, sans aucun effort d'imagination, il suffit de se placer de l'autre côté (c'est-à-dire, comme si on sortait de la mairie) pour voir aussitôt surgir une ménorah, le célèbre chandelier hébraïque à sept branches cher aux frères du B'naï B'rith. Je constate — comme vous pourrez le faire aisément — le fait troublant, mais, pour autant, ne fait pas de Jacques Chirac un « enjuivé ». Pour rassurer les lecteurs de ce livre, qui pourraient trouver parfois certaines analyses un peu hardies, on remarquera la différence fondamentale entre les Grands Travaux de François Mitterrand et ceux entrepris, beaucoup plus modestement, par ces prédécesseurs de la Ve République : c'est que ces derniers ne se prêtent nullement à une étude ésotérique de ce type. Les constructions de François Mitterrand n'ont rien à voir avec celle de ses prédécesseurs. Il n'y a aucune symbolique cachée dans la « raffinerie » de la rue du Renard (le centre Beaubourg) voulue par Georges Pompidou. Il s'agit simplement du triomphe de la société technique et industrielle, héritée des Trente Glorieuses. Le seul parallèle qui peut être fait est d'associer cette « raffinerie » avec les gigantesques usines de Fos sur Mer ou de Dunkerque. De même, lorsque Valéry Giscard d'Estaing lance le Musée d'Orsay, il se contente de revêtir de verre et d'acier une ancienne gare. Aucun d'entre eux n'implante dans Paris des colonnes tronquées, des pyramides, des sphères ou des cubes. De même, les bâtiments construits avant l'ère Mitterrand répondent à une logique économique ou culturelle : le centre Beaubourg est par exemple calculé pour accueillir au moindre coût le maximum de visiteurs. Avec François Mitterrand, tout change : la pyramide du Louvre (« le plus grand musée du monde ») est totalement inadaptée au tourisme de masse. Son entrée minuscule, qui ne permet pas à plus de deux personnes de rentrer en même temps, entraîne la formation de queues. L'escalier, en colimaçon, interdit de même toute descente rapide, à la différence d'un escalier monumental rectiligne. Prenons un second exemple tout aussi irrationnel, l'Arche de la Fraternité La Défense, dont le coût de construction et de fonctionnement sera dénoncé dans un rapport de la Cour des Comptes : « Les bureaux dans les deux piliers de l'Arche de La Défense sont extrêmement répétitifs, étriqués et la surface construite est d'un rendement exceptionnellement faible. C'est un des plus mauvais immeubles tertiaires que l'on pouvait imaginer. La grande plastique qui figurait sur les esquisses de l'architecte Van Spreckelsen n'a pas réussi prendre de l'épaisseur. Quant au toit de cette Arche (qui contient les mètres carrés de plancher dont les coûts de construction ont sans doute battu tous les records), qu'en faire ? » Conclusion : Si la justification des Grands Travaux de François Mitterrand n'est ni économique ni esthétique, il faut donc la chercher ailleurs. Et Setzepfandt apporte une réponse très plausible, qui recoupe par ailleurs les interrogations des quelques chercheurs qui ont étudié ces constructions et qui n'ont pas manqué d'être étonnés par les principes de l'architecture mitterrandienne, alors même qu'ils n'ont aucune réflexion de type symbolique. « Elle (l'architecture mitterrandienne) se caractérise, note par exemple Philippe Genestier, par des volumes simples : cube, cylindre, parallélépipède rectangle, pyramide, sphère, etc. C'est-à-dire les solides platoniciens (...) Les formes sont pures, réduites à la géométrie (...) Il s'agit de signes géants et en relief (...) Parce que le primat a été accordé à la volumétrie, il en découle une plastique de l'enveloppe. En fait ces édifices témoignent d'une part, d'une attitude rigoriste espérant trouver, soit dans l'archétype formel, soit dans l'exhibition de la technique constructive, les voies d'un dépassement des apories contemporaines ; d'autre part, ils cherchent dans une posture auto-destructive, à atteindre l'immatérialité, l'abstraction pure (...). Ces attitudes sont très proches de celles développées par Boullée, Ledoux, les "architectes révolutionnaires" des années 1780 à 1790. » Quel étonnant parallèle pour un rationaliste du C.N.R.S. : Boullée et Ledoux, qui s'inscrivent dans l'école des « architectes visionnaires », étaient deux éminents francs-maçons. Et leur but était de retranscrire les idées utopiques des Loges dans la vie de la cité. Le slogan de François Mitterrand était tout proche : « Changer la vie. » Emmanuel Ratier. ...

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