Auteur : Labroue Henri
Ouvrage : Voltaire antijuif
Année : 1942

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Si le décret du 21 avril 1939 sur « la liberté de la presse » (sic) avait eu force de loi avant 1789, Voltaire aurait passé sa vie à la Bastille. — Israël, si fertile en miracles, fait contre soi l'union des anti-Voltairiens et des Voltairiens. Dans son Orpheus, où il a consacré à l'affaire Dreyfus des développements dont la longueur et l'accent belliqueux ne conviennent pas à un manuel d'histoire générale des religions, Salomon Reinach a représenté l'antijudaïsme comme une sécrétion du cléricalisme, et, par cléricalisme, il entend le cléricalisme catholique, comme s'il n'y avait pas un cléricalisme juif ou huguenot. D'après cet écrivain juif, c'est la « faction cléricale » (p. 589), c'est « le parti de Basile » (p. 590), ce sont « les Jésuites et presque tout le clergé à leurs ordres » (p. 598) qui ont mené la lutte contre les Juifs ; la condamnation du Juif Dreyfus en 1894 fut le triomphe du « mouvement antisémitique, antiprotestant et antilibéral » (p. 552). De ces textes-là le lecteur est incité à conclure que l'antijudaïsme n'est que le prolongement du cléricalisme ; que les antijuifs ne détestent les Juifs que parce que « déicides » ; qu'on ne peut être à la fois l'adversaire des cléricaux et des Juifs ; qu'en conséquence, tous les anticléricaux, tous les laïques, tous les rationalistes, tous les libéraux doivent nécessairement faire cortège et rempart aux Juifs. Les Juifs immigrés en France se sont ingéniés à provoquer et à propager cette grossière confusion. Ils se sont présentés en ennemis-nés de l'Église romaine. Ainsi ils ont fait coup double ; ils ont donné un aliment à leur fanatisme latent, et surtout ils se sont assuré l'appui des militants du laïcisme. Les professionnels de la libre pensée, trop souvent bornés et incultes, n'ont pas vu malice à ce jeu. Ils se sont niaisement imaginé que les Juifs, parce qu'ils faisaient la guerre au catholicisme, étaient réellement des libres penseurs. Ils ont accueilli avec reconnaissance ces nouveaux renforts. Ils les ont admis avec d'autant plus d'empressement que le vocabulaire maçonnique est truffé de noms hébreux. Ils se sont laissé noyauter par les Juifs, au point d'en devenir solidaires et, à bien des égards, tributaires. Hypnotisés par leur duel avec Rome, nos messieurs Homais ne se sont pas rendu compte que leurs alliés de fraîche date travaillaient surtout à la plus grande gloire et au plus grand profit de la Tribu. La conjuration anticléricale faisait le jeu de la conjuration hébraïque. Tout recul de l'Église marquait une avance de la Synagogue. A force de donner des gages à l'anticléricalisme, clé de voûte du régime, les Juifs ont conquis la confiance et le concours des dirigeants de la IIIe République. Ils ont fini par s'approprier, en un redoutable pourcentage, soit directement, soit par personne interposée, maints leviers de commande de la politique, de la finance, de l'administration, des professions libérales. A l'abri et à la faveur du paravent anticatholique, les Juifs ont eu toute licence de renforcer les positions de leur communauté. Pour obtenir l'audience des naïfs Occidentaux, ils prêchent l'égalité des hommes, mais ils continuent de se croire un peuple hors série. — Ils piétinent les traditions des autres, mais se cramponnent à leur loi ancestrale. — Ils vitupèrent les aspirations chrétiennes, mais ils vivent dans l'attente de leur messie. — Ils font fermer les couvents, mais ils fréquentent la synagogue. — Ils se moquent des scapulaires, mais ils s'affublent de phylactères. ...