Auteur : Degrelle Léon
Ouvrage : Qu'est-ce que Rex ? Lettre aux Français
Année : 1936

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En 1936, Léon Degrelle est invité en France. Le jeune chef de Rex doit y prendre la parole pour présenter son mouvement, et apporter à la France le soutien de la Belgique. Mais depuis quelques semaines, le gouvernement a été accaparé par le Juif Blum et ses coreligionnaires ; ils appliquent une dictature sourde : les ligues nationalistes sont interdites, les réunions d'opposition sont interdites, les chefs politiques sont emprisonnés. Léon Degrelle lui-même sera arrêté manu militari et expulsé de France. C'est dans ce contexte qu'il écrit cette Lettre aux Français, faute d'avoir pu lui-même s'adresser directement aux Français. Puisqu’il ne m’est plus permis de parler aux Français, il me faut bien me contenter de leur écrire... Le mot « Français » fait monter tant de regret en nos coeurs !... Pour les Wallons de ma patrie, la France, c’est notre langue, notre culture, notre civilisation... Dites, c’était tout de même un morceau de notre âme, et Ronsard, comme Musset et Montaigne, comme Maurras, étaient à nous comme aux Lorrains ou aux Provençaux. À quoi bon le nier ? Nous souffrons d’être traités en France comme des indésirables et des parias. Quand je me suis retrouvé, l’autre matin, sur un quai de gare, entre deux gendarmes, comme un malfaiteur, j’ai regardé longtemps les rails qui glissaient dans le brouillard en me disant : « Tout de même, comment a-t-on pu en venir là ?... Nous n’avons plus le droit de respirer l’air de France, de retrouver là-bas les sources d’une de nos deux cultures, d’entendre chanter en Touraine ou dans les Landes les mêmes mots qu’au bout des plateaux liégeois ou au fond des bois ardennais... » Et, replié sur moi-même, je pensais à nos morts étendus en terre française, près desquels je ne puis même plus prier et me recueillir... Tout cela vingt ans après que les marches wallonnes furent baignées du sang de nos bûcherons et de nos mineurs, mêlé à celui de vos chasseurs alpins. Il ne faut pas le nier. Un lourd malaise pèse sur les relations franco-belges. Il est né d’abord de cette légèreté avec laquelle tant de Français traitent des choses étrangères. Nous n’étions pas les « petits Belges ». Nous étions un peuple où, pendant deux mille ans, on a lutté et on est morts pour des libertés et pour des vertus. Un peuple qui a résisté ainsi, qui a souffert et trimé, qui a tenu tête à tout le monde, un peuple comme celui-là est un grand peuple, qui a le droit d’être connu autrement, en France, que par M. Beulemans et par « Manneken-Pis ». Mais tout cela pouvait s’arranger. De grands échanges intellectuels entre Français et Wallons, et de profonds contacts populaires peuvent adoucir très vite ces malentendus, si aigus soient-ils aujourd’hui. Le drame est ailleurs. Il est essentiellement politique. Au fur et à mesure que la France glisse à gauche, elle détruit chez nous ses amitiés. Le pacte franco-soviétique a fauché les relations franco-belges. Choisir Moscou, c’était nous chasser. Il ne faut plus se faire la moindre illusion. Dans la mesure où la France lie son sort à celui des Soviets, elle devient un danger pour notre peuple et pour la civilisation. Pas un paysan, pas un ouvrier, pas un père de famille de notre sang ne périra pour les Soviets : nous en faisons le serment devant nos morts de l’Yser et devant les berceaux de nos enfants. Alors, comprend-on que nous ne voulions à aucun prix être liés à un pays qui, par son alliance avec Moscou, pourrait nous conduire à un conflit qui ferait, au prix de combien de morts nouveaux, le jeu monstrueux des Soviets ?... Pour retrouver la confiance des Belges, la France doit d’abord « se retrouver elle-même », rejoindre ses vertus, sa ligne d’âme, se débarrasser de la corruption soviétique. Une France régénérée, c’est la consolidation de l’Europe et c’est, à nouveau, la communion fervente, dans une même culture, des Wallons et des Français. Une France marxiste, c’est la Belgique roulée en boule, en garde contre un péril, hélas ! Trop réel... Cet isolement pourrait avoir des répercussions très graves. Un pays d’entre-deux comme la Belgique peut remplir un rôle magnifique de terre de rencontre entre les peuples du Nord et le peuple français. Il lui faut, pour accomplir cette mission, les traiter tous avec un égal « fair-play », ne se laisser marcher sur les pieds par personne, ne point se laisser traiter en vassal ou en avant-garde sacrifiée, mais permettre, dans une compréhension commune, à des peuples de génies si divers, de se servir, pour se connaître et pour apaiser leurs querelles, de notre pivot européen. La France en a besoin, comme les autres pays qui nous entourent. Mais il y a un minimum de confiance. Ce minimum, le marxisme français ne l’inspire plus à la Belgique. Plus que n’importe qui, nous devons craindre une emprise nouvelle du socialisme et du communisme à Paris. Nos révolutionnaires n’attendent que cela. Leurs fiefs du Hainaut et le Nord français ne forment qu’un long bassin rouge. La victoire des gauches chez vous, c’est aussitôt l’infiltration chez nous, puis les vannes rompues. On a trop vu le Front populaire passer armes et hommes au Frente Popular. À notre frontière, l’appui des marxistes français serait infiniment plus rapide et plus fort. Une dictature de gauche en France, c’est un danger constant pour notre paix intérieure, avec tous les risques de conflit européen que peut déchaîner le pacte franco-soviétique. Un peuple qui fut saigné vingt fois comme le nôtre a le devoir d’être prudent et de monter la garde. Français, n’est-ce pas naturel ? Ne cherchez pas d’autres explications. Ne liez point Rex à Berlin. Berlin n’a rien à faire de Rex. Nous voulons nous entendre avec tous nos voisins et organiser avec tous les peuples régénérés la résistance au communisme. Mais nous ne sommes et ne serons jamais au service de personne. Nous aimons notre pays. Point, c’est tout. Notre attitude vis-à-vis de l’étranger n’est dictée que par le souci de notre peuple et de la civilisation européenne. Et c’est parce que ce souci nous tourmente que nous désirons tant voir s’opérer demain, Français, dans votre Patrie, une rédemption aussi foudroyante que celle de Rex est en train d’apporter en Belgique. Ah ! Voir les Français sous la conduite d’un chef qui soit vraiment le point de concentration des volontés populaires, retrouver, un par un, le sens de la famille, de la terre et de la dignité du travail ! Rebâtir, eux aussi, l’État grâce à des corporations et à un pouvoir populaire et fort ! Rétablir entre les classes, enfin solidaires, des liens réels basés sur la justice sociale, sur la responsabilité des élites, sur l’humanisation du labeur ! Permettre, dans la famille, dans le métier, dans la vie morale et spirituelle, l’épanouissement de la personnalité humaine ! Rendre à un pays la pureté et la jeunesse, la joie de vivre et de devenir meilleur, la passion du devoir dans la communauté nationale ! C’est parce que Rex, par-delà son vaste programme politique, économique et social, a rejoint les âmes, leur a donné la fraîcheur et le feu, c’est parce que sa mystique a permis à nouveau à un peuple de respirer et d’espérer, que demain Rex aura conquis et sauvé la Belgique. Français, nous étions jeunes, pauvres, inconnus de tous en commençant. Et à trente ans nous allons être les maîtres ! Dans la vie, tout est facile, tout réussit trop vite. On n’a même pas le temps de lutter, ni de souffrir... Quand on veut gagner, on gagne ! Toujours ! À coup sûr ! Français, pour sauver demain la France, retrouvez aujourd’hui déjà des âmes de vainqueurs ! Léon Degrelle, 19 octobre 1936, Publié dans Je suis partout, n° 309, 24 octobre 1936. ...