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Depont Octave - Coppalani Xavier - Les Confréries Religieuses Musulmanes


Auteurs : Depont Octave - Coppalani Xavier
Ouvrage : Les Confréries Religieuses Musulmanes
Année : 1897

Lien de téléchargement : Depont_Octave_-_Coppalani_Xavier_-_Les_Confreries_Religieuses_Musulmanes.zip

L’idolâtre Oçaïd, fils de Hodaïr-el-Kotaïb, ficha sa pique en terre et s’assit : Que faut-il faire pour entrer dans cette religion, demanda-t-il à Mossab, fils d’Omaïr, qui venait de lui expliquer les principes fondamentaux du Coran ? « Te purifier avec de l’eau, répondit Mossab, déclarer qu’il n’y a pas d’autre Dieu qu’Allah et que Mohammed est son Prophète ». Ainsi se posèrent, simplement, les premières bases de l’une des plus grandes religions qui se partagent l’humanité. « Il n’y a de dieu que Dieu, et Mohammed est son Prophète », voilà tout ce qu’il y a d’obligatoire et d’essentiel pour le musulman, puisque l’assentiment de l’esprit à ces deux grands principes suffit pour le salut de l’âme, lui assure la possession du Ciel. En conséquence, point de sacrement ni de cérémonie, point de culte organisé. Le croyant communique directement avec le Créateur; il est, lui-même, son propre prêtre, avec, pour unique bagage, ses prières et ses armes, qui sont, les unes et les autres, des guides vers les étapes sur le chemin du Paradis. Il en résulte que sur tous les points du globe où il se trouve, le mahométan peut, sans mosquée et sans prêtre, satisfaire à la plénitude de ses devoirs envers la Divinité. Il en résulte aussi que l’existence d’un pouvoir spirituel, d’une société ecclésiastique, ne devrait pas, nécessairement, trouver place dans la religion musulmane. Il n’en est pas moins vrai, malgré tout, que la nature de la société humaine a fait que l’Islamisme, dont le principe dominant est l’égalité entre tous les hommes, a vu se créer, sous forme de castes, non seulement une sorte de ,clergé, mais encore des ordres religieux. Et quand on veut apprécier ces développements fort importants et parfaitement distincts, il faut remonter jusqu’aux premiers siècles de l’hégire. Le Coran, où les lacunes et les contradictions abondent, avait ouvert un grand domaine à l’interprétation et aux controverses, qui aboutirent, d’une part, on le sait, au schisme qui sépare les chiites des sunnites, et, de l’autre, à des divergences d’opinion dans le rite, d’où sortirent les quatre sectes : hanafite, chafaïte, malékite et hanbalite, dites sectes orthodoxes. L’Islam, bien qu’il n’eût guère plus d’un siècle d’existence, avait déjà débordé sur plus de la moitié de l’ancien monde. Cependant, l’Arabe, déposant son épée, prenait part au mouvement philosophique dirigé par les Syriens et les Grecs et favorisé par les Khalifes Abbasides. D’un autre côté, des hommes aux moeurs austères s’occupaient activement de l’étude du « Livre révélé », source de toute science et de toute vérité : c’étaient les eulama. Les khalifes, véritables pontifes, comme autrefois les grands prêtres sous la théocratie des Juifs, négligeant peu à peu le spirituel pour le temporel, en arrivèrent à déléguer à ces eulama leurs attributions sacerdotales et judiciaires. La foule, elle-même, dépourvue de lumières, était heureuse de pouvoir s’adresser à ces interprètes autorisés pour se faire expliquer les nombreuses et minutieuses pratiques de la Loi qu’elle était impuissante à saisir directement. C’est ainsi que se formait et s’affirmait une sorte de sacerdoce qui, en grandissant, entrava, plus d’une fois, par la fetoua, l’action des pouvoirs établis. La fetoua, qu’on a comparée aux déclarations préalables du Saint- Siège, par lesquelles les princes de l’Occident, au moyen-âge, appuyaient leurs entremises, est l’ordonnance sacrée qui donne aux actes émanés du pouvoir politique, la sanction religieuse conforme au Coran et, par conséquent, obligatoire pour tous. C’était avec des sanctions de cette nature que les successeurs du Prophète subjuguaient les masses et les conduisaient au combat. Après avoir formé un corps redoutable, les eulama sont devenus de dociles instruments entre les mains des chefs des États musulmans, qui les subventionnent et leur font rendre, à leur gré, les fataoua jugées utiles au fonctionnement du pouvoir. La hiérarchie des eulama, fort compliquée, comprend toute une série de fonctionnaires : mufti, cadi, imam, etc., répondant aux besoins de la justice et du culte et vivant sur les produits des hobous, biens de mainmorte qui servent également à l’entretien des établissements religieux. A La Mecque, le pouvoir religieux est exercé par le grand-chérif, à la nomination duquel le cheikh el islam, qui est le chef de la religion en Turquie, donne son approbation. Enfin, au sommet de la hiérarchie, le Khalife est, pour les musulmans, ce que le Pape est pour les catholiques, c’est-à-dire le chef suprême de la religion, mais en principe seulement, car le Sultan du Maroc, par exemple, est également considéré comme un khalife par ses sujets. De même les Mozabites, ainsi que certaines peuplades de l’Afrique, obéissent à l’imam de Mascate et ne reconnaissent pas Abd-el-Hamid pour khalife. Et réalité, et sans que cela nuise à la doctrine de l’unité pour les sunnites, il ne saurait y avoir de khalife qu’autant que celui-ci serait élu par la volonté et le vote des croyants. Le vrai lien des mahométans, c’est le pèlerinage aux villes saintes; leurs véritables capitales sont La Mecque et Médine, gardiennes fidèles de leur inébranlable foi. Chez nous, en Algérie, le clergé musulman officiel ne joue, au point de vue religieux, qu’un rôle effacé. Les eulama se bornent à réciter des prières, à enseigner le Coran et à maintenir la tradition : ils n’ont aucun caractère ecclésiastique, pas plus que les cadis, autre catégorie d’eulama, n’ont de caractère judiciaire réel depuis que nous avons diminué, avec exagération, leur intervention dans les affaires musulmanes. ...

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