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Gijsels Hugo - Le Vlaamsblok


Auteur : Gijsels Hugo
Ouvrage : Le Vlaamsblok
Année : 1993

Lien de téléchargement : Gijsels_Hugo_-_Le_Vlaamsblok.zip

Depuis les élections parlementaires du 24 novembre 1991, la Flandre se retrouve face à un problème épineux : la montée en force de l’extrême droite. En effet, ce dimanche fatidique, le Vlaams Blok a obtenu 36 sièges dans les cinq Conseils provinciaux flamands et 18 sièges au Parlement national. Et malheureusement, il est à craindre que lors des prochaines élections, le Vlaams Blok obtienne encore plus de voix. Mais ce qui est plus grave encore, c’est que pour la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale, un parti politique s’est ingénié à faire jouer au racisme un rôle de premier plan dans la politique belge. Actuellement, dans les milieux politiques en Flandre, on s’arrache les cheveux et on se demande comment on a pu en arriver là. Nous ne pouvons que constater qu’il s’agit des retombées d’une politique de l’autruche qui dure depuis des années. Depuis la création du Vlaams Blok en 1978, jusqu’à la fin des années 80, les partis politiques traditionnels se sont retranchés derrière une stratégie de l’ignorance et du silence. Tous se sont dit qu’il valait mieux agir comme si l’extrême droite n’existait pas vraiment en Belgique, qu’il était préférable que les médias y prêtent le moins d’attention possible et qu’ils minimisent les violences de ces extrémistes. En agissant de la sorte, tous pensaient condamner le Vlaams Blok à rester un petit parti marginal. C’est ainsi qu’aujourd’hui encore, il n’existe en Belgique aucune étude faite par un parti politique ou par un syndicat, ou même par une institution scientifique ou universitaire, qui traite de l’extrême droite dans sa totalité et de façon permanente. Les politiciens ne cessent de s’inquiéter des signaux émis par les électeurs, mais ils n’ont jamais ou rarement prêté attention à cet autre signal bien plus préoccupant, le signal d’alarme émis par le Vlaams Blok. Les partis démocratiques combattent le Vlaams Blok sans le connaître. Avant le 24 novembre 1991, je n’avais malheureusement pas rencontré d’homme politique qui ait pris la peine de lire le programme du Vlaams Blok. Au début des années 80 déjà, il était clair que le Vlaams Blok tirerait profit de cette politique de la « débrouille » propre à notre pays. Dès le début 1984, on avait jeté les bases d’une politique raciste déchaînée, dont le Blok s’est empressé de se servir pour bâtir le succès qu’on lui connaît actuellement. Du reste, c’est à cette époque que remontent les origines mouvementées du Blok et que se jouèrent les premiers actes d’une pièce où le leader à vie du Vlaams Blok, Karel Dillen, tint un rôle clé. Après la Deuxième Guerre mondiale, Karel Dillen fit partie du groupe de nationalistes flamands de l’occupation allemande. Ces Flamands nourrissent, aujourd’hui encore, une admiration sans bornes pour l’ordre nouveau et pour les figures dominantes de la collaboration, et ils auraient même tendance, parfois, à nier l’existence de l’holocauste. Dès la Libération, ils ont tenté de se regrouper sous la bannière de partis politiques comme la Vlaamse Concentratie ou le Vlaams Nationaal Blok ou par le biais des journaux comme le Rommelpot, le Wit en Zwart et le ’t Pallieterke. C’est à: cette époque également qu’a été créé le Vlaamse Militanten Organistie, une milice privée illégale (plus tard rebaptisée Orde VMO). Leur objectif politique principal était double : obtenir l’amnistie totale et inconditionnelle des criminels de guerre condamnés et parvenir à créer un état flamand indépendant. De ces partis et journaux ne subsistent aujourd’hui que le magazine ’t Pallieterke et l’organisation VMO (Dillen collabora aux deux). Leur point de chute se trouve à Anvers. D’autres organisations ont été créées dans leur sillage; il s’agit entre autres de Were Di, Voorpost, Protea, pour n’en citer que quelques unes. A cette époque, Karel Dillen s’active déjà fiévreusement à se trouver un rôle phare. En 1948, il prend part à un congrès dans la ville de Malmö, en Suède, où sont présents les nazis de tous les coins d’Europe qui tentent de se rassembler pour reformer un mouvement nazi international. Lors de ce congrès, Dillen rencontre l’auteur du premier ouvrage révisionniste, qui nie l’existence des camps de concentration et l’holocauste. Quelques années plus tard, ce livre paraît en Belgique. La traduction est de Karel Dillen. En 1954, apparaît la Volksunie. Bien qu’à l’origine, ce parti regroupe aussi bien des flamingants fervents que des partisans de l’amnistie, Dillen hésite à s’y rallier. Il commence par créer le mensuel « intellectuel » d’extrême droite Dietsland Europa et prend de plus en plus part aux actions du VMO. Ce n’est que quand il est certain d’avoir assuré ses arrières qu’il devient membre de la Volksunie. On lui propose immédiatement le poste de président de l’importante section Volksunie jongeren à Anvers; Dillen se proclame alors le chantre de la pensée nationaliste et extrémiste du parti. Alors que le parti connaît un succès électoral grandissant, la tendance démocratique s’y fait également de plus en plus sentir. Dillen, tout comme les dirigeants du VMO, dont Bert Eriksson, Xavier Buisseret et Wim Verreycken désapprouvent cette évolution politique. Les leaders de la Volksunie, quant à eux, connaissent de plus en plus de problèmes relatifs aux actes de violence perpétrés par le VMO et aux opinions ouvertement néonazies de l’organisation. Lorsqu’en 1975, le président de la Volksunie, Hugo Schiltz, dénonce les membres du VMO comme étant "les punaises du Mouvement flamand", la rupture est définitive. En 1977, et pour la première fois, la Volksunie siège dans la majorité gouvernementale et signe le Pacte d’Egmont. C’est le début de la Belgique à trois Régions. La mouvance de droite du Mouvement Flamand estime qu’il s’agit là d’un accord totalement insatisfaisant et s’y oppose donc fermement. Les derniers extrémistes de la Volksunie, avec à leur tête le sénateur Lode Claes, quittent le parti. Pour l’extrême droite, le Pacte d’Egmont tant critiqué représente le catalysateur rêvé grâce auquel il devient possible de regrouper les militants des différentes organisations afin de créer un parti politique. Le problème, c’est que Karel Dillen n’est pas le seul à entretenir de grands rêves politiques. En effet, alors qu’il crée le Vlaams Nationale Partij (le Parti National Flamand) le 1er octobre 1977, Lode Claes, pour sa part, fonde le 19 novembre de la même année, le Vlaamse Volkspartij. Vu l’imminence des élections législatives, Dillen et Claes décident, fin 1978, de participer à la bataille électorale du 17 décembre en regroupant leurs partis sous la même bannière, celle du Vlaams Blok. Contre toute attente, Karel Dillen est choisi à Anvers tandis que Lode Claes n’est pas élu à Bruxelles. Peu de temps après, Claes quitte la vie politique et Dillen hérite des membres du Vlaamse Volkspartij. Le Vlaams Blok devient alors un parti à part entière. Dès le départ, il est clair que le Vlaams Blok va servir de couverture aux organisations d’extrême droite et néonazies. Aussi bien les leaders militants du VMO et du Voorpost, que les groupuscules « intellectuels pondérés » comme Were Di, Dietsland Europa, ou le lobby pro apartheid, tireront profit de la situation. Parmi ces gens, on retrouve également tous les ultraconservateurs qui veulent « améliorer le monde » et qui font partie d’organisations comme Pro Vita (un mouvement contre l’avortement), IPOC (une association qui combat les réformes scolaires) ou qui sont des adeptes de l’intégrisme catholique. Il y a également les « amicales » (en voie d’extinction) des anciens collaborateurs, des ex-SS et des combattants de l’Est qui sont séduits par l’amnistie tellement revendiquée par le Vlaams Blok. Le ciment qui fait tenir le Vlaams Blok est celui de la haine virulente que ses membres éprouvent à l’égard des immigrés et des réfugiés politiques. Pour retrouver les « racines politiques » du Vlaams Blok, il faut remonter aux années trente et quarante, époque où les principes qui fondent le Vlaams Blok aujourd’hui sont posés dans les milieux de la collaboration. Mais si l’on veut mieux comprendre le cheminement de ce parti, il faut remonter encore plus loin, à la Première Guerre mondiale précisément, où l’on assiste à la véritable période de gestation de la lutte antidémocratique qui a tant imprégné le Mouvement Flamand de la période 1930 à 45. C’est pourquoi, il m’a semblé logique de m’attarder quelque peu sur l’origine du Blok, de développer et d’analyser son histoire de 1978 à nos jours, et de faire la même démarche pour les organisations d’extrême droite de la même mouvance que ce parti. Dans la seconde partie du livre, j’examinerai l’action politique et les différents textes de bases du Vlaams Blok. Il ressort de la logique du parti, de ses principes, des textes du réunions, de ses pamphlets, de son programme électoral, de son journal et de ses textes pour la formation des cadres, que non seulement le Vlaams Blok est un parti fondamentalement contre l’immigration, mais qu’il éprouve également un sentiment de haine virulent à l’égard des syndicats, de l’émancipation de la femme, du mouvement pacifiste, des organisations écologistes, des homosexuels, des chômeurs, des journalistes, de la littérature et du théâtre contemporains, des professeurs de religion et de morale, des Hollandais, de la démocratie,... On peut également évaluer la signification d’un parti comme le Vlaams Blok en prenant connaissance de la personnalité de ceux qui en tirent les ficelles. La troisième partie de ce livre consiste en un « Who is Who » du Vlaams Blok. Il s’agit des portraits des 18 parlementaires du Vlaams Blok, des 36 élus membres de Conseils provinciaux, des 23 élus membres de Conseils communaux et de touts les mandataires importants du parti. Enfin, pour terminer par un cliché peut être éculé : désormais personne ne pourra plus prétendre qu’il ou elle n’était pas au courant. Hugo Gijsels. ...

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