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Guitton Jean - Portrait de Marthe Robin


Auteur : Guitton Jean
Ouvrage : Portrait de Marthe Robin
Année : 1985

Lien de téléchargement : Guitton_Jean_-_Portrait_de_Marthe_Robin.zip

Préface. Qui était la femme inconnue dont je fais le portrait ? – Une paysanne de France qui recevait dans sa maison ; qui pendant trente années n'a pris aucune nourriture, aucune boisson ; qui était stigmatisée, souffrant chaque vendredi les douleurs de la Passion ; qui fonda sur toute la terre soixante « foyers de charité » ; qui fut sans doute l'être le plus étrange, le plus extraordinaire, le plus déconcertant de notre époque ; qui, en ce siècle de télévision, demeura inconnue du public (sauf le jour de sa mort), ensevelie dans un profond silence. Et pourquoi donc, à la fin de ma vie, ai-je été tenté d'écrire ce portrait ? Contre mon gré, comme je vais le raconter, je fus projeté dans sa chambre noire. J'étais introduit par un des esprits les plus négateurs de ce temps, le médecin d'Anatole France, le disciple d'Alfred Loisy, le directeur d'une collection antichrétienne. Dès ma première rencontre avec Marthe Robin j'ai conçu qu'elle serait à jamais pour moi une « soeur de charité », comme elle le fut pour des milliers de visiteurs. Et j'eus le pressentiment que je serais un jour conduit à la faire connaître au monde, attiré par son génie. Elle me faisait penser à Catherine Emmerich. On connaît les écrits composés sous son influence par Clemens Brentano, l'ami de Goethe, qui avait préféré à la cour de Weimar la chambre de Catherine et qui demeura pendant six ans son secrétaire, mettant en forme ses « visions », surtout celles qui avaient la Passion pour objet. Marthe elle aussi avait eu des visions de la Passion. Par pudeur elle ne m'en a jamais parlé, sauf pour me dire qu'elle avait « connu cela et qu'elle l'avait dépassé ». Ce qui m'a le plus surpris chez Marthe Robin, c'est la distance qu'elle prenait par rapport à ces états extraordinaires dans lesquels elle était immergée. Elle dépassait les accidents pour aller à l'essence, à ce qu'elle appelait « l'intérieur ». Je pourrais contresigner ce qu'avait écrit sur Catherine Emmerich l'ami de Goethe : « Ce qu'elle dit est bref mais simple, plein de profondeur, de chaleur et de vie. Je comprenais tout. Elle était la fleur des champs et l'oiseau des bois. Tantôt bienheureuse, aimante, digne, merveilleuse; tantôt rustique, naïve, enjouée, toujours malade, agonisante, mais délicate et fraîche, chaste, éprouvée, saine, et avec cela toute campagnarde. Etre assis près d'elle était le plus beau siège du monde. » Ceux qui écriront sur Marthe ne manqueront pas de faire connaître abondamment les côtés invraisemblables de son existence. Sans mépriser l'aspect « paranormal » de sa vie, je me propose d'appliquer la méthode prudente qui a toujours guidé mes études et qui conseille de limiter l'éloge, de ne tirer d'un texte, d'une expression, d'une admiration que le minimum de son contenu. J'aurai recours le moins souvent possible au témoignage des autres. C'est mon propre témoignage que je veux donner. Il est limité dans le temps, je n'ai passé avec Marthe Robin que quarante heures, en vingt-cinq années. Comme chez moi la mémoire ne se sépare pas de la pensée, j'ai mêlé mes réflexions à mon récit. Ce livre de la fin de ma vie est un dernier fragment de ce Journal, rarement interrompu, que je tiens depuis ma seizième année, qui est la source de mes autres ouvrages et comme leur cendre, leur « retombée ». Je dirai enfin que ce livre appartient à ce genre littéraire, imité de la peinture, où il existe une action réciproque de l'auteur et de son modèle. Jean Paulhan, voulant me pousser à écrire des portraits, me citait cette phrase de Schneider : « Je vois l'homme au lieu où l'essence et le destin coïncident : et ceci est le critère de l'art du portrait. » J'avais écrit avant la dernière guerre un Portrait de Monsieur Pouget, mon maître. Voici le Portrait de Marthe Robin. Quarante ans les séparent. Mais, dans mon esprit, ces deux portraits d'êtres « incomparables » se complètent et se répondent. Si ces deux portraits se ressemblent, cela tient à leur origine : l'obligation que l'on sent de porter témoignage sur un être exceptionnel que l'on a vu vivre et qui demeure inconnu ou méconnu. Ces deux portraits diffèrent par leur volume. Lorsque j'étais jeune, mon travail consistait à développer des idées ou des souvenirs, à les accroître comme fait la nature au printemps : ainsi l'enseignent les maîtres d'école. A l'automne de la vie, il est préférable me semble-t-il de faire l'exercice inverse : ôter les branches inutiles, émonder afin de garder l'essence, la ligne, le seul serpentement. Nul ne saura jamais tout ce que j'ai dû retrancher, omettre, détruire. Ce livre est semblable à un arbre d'hiver, lourd d'omissions, de sacrifices et de silences. 18 août 1985. ...

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