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Hancock Graham - Surnaturel Rencontres avec les premiers enseignants de l'humanité


Auteur : Hancock Graham
Ouvrage : Surnaturel Rencontres avec les premiers enseignants de l'humanité
Année : 2005

Lien de téléchargement : Hancock_Graham_-_Surnaturel_Rencontres_avec_les_premiers_enseignants_de_l_humanite.zip

La plante qui permet aux hommes de voir les morts. J'ÉTAIS allongé sur un canapé dans le salon de réception sombre d'une maison de ville vieille de deux cents ans dans la ville anglaise de Bath. Les rues étaient désertes et offraient peu d'indices me permettant de me souvenir du monde qui nous est familier. Il m'était rassurant de voir que j'étais toujours en mesure de lire le cadran lumineux de ma montre-bracelet s'il me prenait de la maintenir devant les yeux. Dix minutes s'écoulèrent, puis vingt, puis trente-cinq. Je commençais à ressentir l'ennui, l'énervement, j'étais même un peu blasé. Après quarante-cinq minutes, je fermai les yeux et concentrai mes pensées vers l'intérieur, vers la contemplation, ne remarquant encore rien d'inhabituel. Mais au terme de ma première heure de veille, lorsque j'essayai de me relever et de faire quelques pas, j'eus la nette surprise de découvrir que mes jambes ne me répondaient plus. Venue de nulle part, une faiblesse amollissante avait neutralisé mes membres, le moindre effort physique déclenchait des tremblements incontrôlables et des trébuchements, et j'avais complètement perdu le sens de l'équilibre. Une vague d'étourdissements et de nausée déferla sur moi et je tombai, épuisé, sur le canapé, trempé de sueurs froides. Je me rappelai avec un frissonnement irrévocable que je ne pouvais plus changer d'avis parce qu'il n'existe pas d'antidote. Une fois commencé, le processus dans lequel je m'étais engagé ne pouvait être interrompu et je n'avais plus d'autre choix que de l'endurer. Ce fut au tour de mon ouïe d'être affectée. Par intervalles se déclenchait un incroyable son de cloche, un bourdonnement dans mes oreilles qui voilait tous les autres sons. Ma vue, également, se détériora rapidement, s'obstruant bientôt sur les côtés par d'étranges lignes noires, tels les pieux d'une clôture ou du grillage, à tel point que je ne pouvais plus percevoir ma montre et que je dus abandonner toute notion du temps. Pendant ce qui sembla être un très long moment, le poison accentua son emprise sans le moindre remords, et je fus la proie de sensations indescriptibles de malaise physique et psychique. Je ressentais beaucoup de douleur, de faiblesse, d'inconfort. C'était comme si mon corps était doucement et systématiquement fracassé et démembré, et je me mis à nourrir la crainte de ne pas être capable de le remettre en état plus tard. Dans un instant d'immobilité, alors que mes yeux étaient clos, une vision surgit -une tapisserie mouvante et vivide de branches et de feuilles s'entremêlant, des arabesques complexes et des jeux de nœuds celtiques. J'ouvrai les yeux en battant des paupières. Les figures géométriques qui se tortillaient disparurent instantanément et le salon sombre réapparut. Mais dès que j'eus refermé les yeux, les figures furent de retour. Il s'écoula un temps impossible à mesurer, tandis que les figures géométriques continuaient à s'étirer et à se multiplier. Je fus alors frappé par une bouffée de vertiges, et je tressaillis à cette terrible sensation nouvelle qu'elle amena avec elle, celle de se balancer sur une corde raide oscillant au-dessus d'un abysse sans fond. Je me rendis compte que si je m'allongeais sur le dos en regardant fixement le plafond et en restant absolument immobile, je pouvais minimiser ces effets inconfortables. Mais il suffisait du moindre mouvement de la tête vers la gauche ou vers la droite pour déclencher un nouvel accès de vertiges. Lorsqu'enfin je réussis à fermer les yeux de nouveau, les figures géométriques sinueuses qui s'entrelaçaient réapparurent avec une intensité renouvelée, avant d'être superposées de façon abrupte par la vue de profil d'un jeune homme blond fortement bâti aux yeux désapprobateurs tournés vers les miens. Il apparut à côté de moi, si proche que j'en sursautai. Sa peau était blafarde et son front tâché de plaques de moisissure verte. Portails chamaniques. Dans les pays d'Afrique centrale comme le Gabon, le Cameroun et le Zaïre, certains cultes des ancêtres venus du fond des âges se perpétuent au XXIe siècle. Leurs membres partagent une croyance commune, fondée disent-ils sur des expériences directes, en l'existence d'un monde surnaturel où l'on peut contacter les esprits des morts. À l'instar d'une dimension hypothétique de la physique quantique, cet autre monde interpénètre le nôtre, et pourtant on ne saurait l'observer de façon ordinaire ou le vérifier par des tests empiriques. Il s'agit donc d'un sujet de grand intérêt, dont les implications en matière de recherche sont multiples, selon lequel les chamans des tribus prétendent avoir maîtrisé un moyen, au travers de la consommation d'un arbrisseau vénéneux connu localement sous le nom d'eboka ou d'iboga, par lequel les hommes sont capables d'atteindre cet autre monde et d'en revenir vivants. La façon dont ils sont parvenus à maîtriser cette technique est racontée dans le mythe des origines de la société secrète indigène connue sous le nom de Bwiti : Zamé yé Mébégé (le dernier des dieux créateurs) nous a offèrt Eboka. Un jour (...) il a vu (...) le Pygmée Bitamu, haut perché dans l'arbre Atanga, cueillant ses fruits. Il le fit tomber. Il mourut, et Zamé amena son esprit à lui. Zamé coupa les petits doigts et les petits orteils du cadavre du Pygmée et les planta en différents lieux de la forêt. Ils se transformèrent en pousses de buisson Eboka. L'épouse du Pygmée était prénommée Atanga. Quand elle fut prévenue de la mort de son mari, elle partit à la recherche de son corps. Finalement, après maintes aventures, elle arriva à une caverne au cœur de la forêt dans laquelle elle vit une pile d'os humains : Alors qu'elle entrait dans la caverne, elle entendit soudain une voix - qui ressemblait à celle de son mari - demandant qui elle était, d 'où elle venait, et avec qui elle désirait parler. La voix lui demanda de regarder à gauche à l'entrée de la caverne. La plante Eboka était là. La voix lui demanda d'en manger les racines (...) Elle en mangea et se sentit très fatiguée (...) Puis on lui demanda de retourner dans la caverne. Les os avaient disparu et à leur place se tenaient son mari et d'autres membres défunts de sa famille. Ils lui parlèrent et lui donnèrent un (nouveau) nom, Disoumba, et lui dirent qu'elle avait trouvé la plante qui permet de voir les morts. Ce fut la première initiation aux Bwiti et c'est ainsi que les hommes ont acquis le pouvoir de rencontrer les morts et de leur demander conseil. Aujourd'hui, plusieurs millions de personnes réparties sur les territoires du Gabon, du Cameroun et du Zaïre n'ont aucune difficulté à résister aux efforts bien financés de conversion que prodiguent des missionnaires chrétiens et musulmans. Ils font allégeance, au contraire, aux Bwiti, chez lesquels ils ont été initiés en consommant d'énormes quantités de copeaux d'écorce de racines d'éboka et ont fait un voyage dans des mondes surnaturels. L'éboka, également connue sous le nom d'iboga (ce sera l'orthographe retenue à partir de maintenant), est classée scientifiquement sous le nom de Tabernanthe iboga et appartient à la famille des apocynacées. l'écorce de sa racine s'avère très spéciale, comme l'affirme le mythe pygmée, et contient plus d'une douzaine d'éléments chimiques inhabituels appartenant à une classe connue sous le nom d'alcaloïdes indoles. L'un d'entre eux, l'ibogaïne, est un puissant hallucinogène responsable de visions très convaincantes qui changent la vie, dont les initiés bwiti font l'expérience, notamment « des rencontres avec des êtres surnaturels » et « des rencontres avec les esprits des morts ». Beaucoup de gens rapportent avoir rencontré leurs pères ou leurs grands-pères décédés, qui agissent pour eux comme des guides dans le monde des esprits. Cependant, la racine doit être consommée en quantités toxiques si l'on veut atteindre l'état de vision, et les initiés sont confrontés à un risque constant d'overdose fatale lorsqu'ils recherchent leurs ancêtres. ...

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