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Krishnamurti Jiddu - Dernier Journal


Auteur : Krishnamurti Jiddu
Ouvrage : Dernier Journal
Année : 1987

Lien de téléchargement : Krishnamurti_Jiddu_-_Dernier_Journal.zip

Ce livre est unique car c'est le seul de toute son œuvre écrite que Krishnamurti ait enregistré oralement sur un magnétophone, quand il se trouvait seul. Après le succès de son journal, publié en 1982, Krishnamurti fut encouragé à écrire une suite, mais, à quatre-vingt-sept ans, sa main n'était plus aussi ferme, et il lui fut suggéré, afin d'éviter la fatigue de l'écriture, de dicter son texte. Cette idée lui plut. Néanmoins, il ne put commencer immédiatement, étant sur le point de partir pour l'Inde où il n'aurait pas le temps et la tranquillité de s'y consacrer. À son retour en Californie en février 1983, il dicta les premiers textes contenus dans ce volume sur un magnétophone Sony. Tous les textes, à l'exception d'un seul, furent enregistrés chez lui, à Pine Cottage, dans la vallée d'Ojai, à environ quatre-vingts kilomètres au nord de Los Angeles. Il les dictait le matin dans la tranquillité de sa chambre, après son petit déjeuner, heure à laquelle il n'était pas dérangé. Krishnamurti séjourna pour la première fois à Pine Cottage avec son frère en 1922. L'endroit lui avait été prêté par un ami, et c'est là, en août 1922, qu'il vécut une expérience spirituelle qui bouleversa sa vie. Peu a près, une société fut fondée dans le but de réunir suffisamment d'argent pour acquérir le cottage et son terrain d'un peu plus de deux hectares. En 1978, une belle maison fut construite auprès du cottage dans lequel Krishnamurti conservait sa chambre et son petit salon d'origine. Les textes dictés n'étaient pas aussi travaillés que ses écrits, et, parfois, sa voix se perdait. Pour plus de clarté, ce livre a donc demandé, contrairement aux Carnets et au journal, un léger travail éditorial. À la lecture de ces textes, on se sent très proche de Krishnamurti, on a même parfois l'impression de pénétrer sa pensée. À certains endroits, il introduit un visiteur imaginaire venu pour le questionner et le faire parler. Il y a ici l'essence de l'enseignement de Krishnamurti. D'aucuns, qui le considèrent non seulement comme un philosophe, mais aussi comme un poète, trouveront, dans les descriptions de la nature par lesquelles commencent la plupart de ses textes, l'apaisement de l'être qui les rendra réceptifs à ce qui suit. S'il y a des répétitions, celles-ci semblent nécessaires pour souligner le sens de ses propos, et elles démontrent aisément que chaque jour était pour lui complètement neuf, libre du poids du passé. Il est curieux que le dernier morceau, peut-être le plus beau du recueil, traite de la mort. C'est la dernière fois que nous entendrons Krishnamurti s'adressant à lui-même. Deux ans plus tard, il mourra dans cette même chambre de Pine Cottage. Près de la rivière, il y a un arbre que nous avons regardé jour a près jour, pendant plusieurs semaines, au lever du soleil. Quand l'astre s'élève lentement au-dessus de l'horizon, au-dessus des bois, l'arbre devient brusquement tout doré. Toutes ses feuilles rayonnent de vie, et vous voyez, au fil des heures, une qualité extraordinaire émaner de lui (son nom importe peu, ce qui compte, c'est ce bel arbre) ; elle semble s'étendre par tout le pays, au-delà de la rivière. Le soleil monte encore un peu, et les feuilles se mettent à frissonner, à danser. Avant l'aube, l'arbre est sombre, silencieux et distant, empreint de dignité. Au point du jour, les feuilles illuminées et dansantes, il vous donne le sentiment de percevoir une grande beauté. Vers midi, son ombre est profonde, et vous pouvez vous y asseoir à l'abri du soleil. Alors s'établit un rapport profond, immuable et sécurisant, avec une liberté que seuls les arbres connaissent. Vers le soir, quand le soleil couchant illumine l'ouest, l'arbre peu à peu s'assombrit, se referme sur lui-même. Le ciel est rouge, jaune, vert, mais l'arbre reste silencieux, retranché, il se repose pour la nuit. Si vous établissez un rapport avec lui, vous êtes en rapport avec l'humanité. Vous devenez responsable de cet arbre et de tous les arbres du monde. Mais si vous n 'êtes pas en relation avec les êtres vivants de la terre, vous risquez de perdre votre rapport à l'humanité, aux êtres humains. Nous n 'observons jamais profondément la qualité d'un arbre: nous ne le touchons jamais pour sentir sa solidité, la rugosité de son écorce, pour écouter le bruit qui lui est propre. Non pas le bruit du vent dans les feuilles, ni la brise du matin qui les fait bruisser, mais un son propre, le son du tronc, et le son silencieux des racines. Il faut être extrêmement sensible pour entendre ce son. Ce n'est pas le bruit du monde, du bavardage de la pensée, ni celui des querelles humaines et des guerres, mais le son propre de l'univers. Il est curieux que nous ayons si peu de rapports avec la nature, avec les insectes, la grenouille bondissante, et le hibou qui hulule d'une colline à l'autre, appelant un compagnon. Il semble que nous n'éprouvions pas de sentiment à l'égard de tous les êtres vivants de la terre. Si nous pouvions établir une relation profonde et durable avec la nature, nous ne tuerions jamais d'animaux pour nous nourrir, nous ne ferions jamais de mal aux singes, aux chiens ou aux cochons d'Inde en pratiquant la vivisection dans notre seul intérêt. Nous trouverions d'autres moyens de soigner nos blessures et de guérir nos maladies. Mais la guérison de l'esprit est tout autre chose. Cette guérison s'opère peu à peu au contact de la nature, de l'orange sur sa branche, du brin d'herbe qui se fraie un passage dans le ciment, et des collines couvertes, cachées par les nuages. Ce n'est pas le produit d'une imagination sentimentale ou romantique, c'est la réalité de celui qui est en relation avec tous les êtres vivants et animés de la terre. L'homme a massacré des millions de baleines et il en tue encore. Il y a d'autres moyens d'obtenir tout ce pourquoi il les massacre. Mais apparemment il adore tuer le cerf fuyant, la merveilleuse gazelle et le grand éléphant. Nous aimons aussi nous tuer les uns les autres. Depuis le début de leur histoire sur la terre, les êtres humains n'ont jamais cessé de s'entre-tuer. Si nous parvenions, et nous le devons, à établir une relation immuable avec la nature, avec les arbres, les buissons, les fleurs, l'herbe et les nuages — alors nous ne tuerions jamais un être humain pour quelque raison que ce soit. La tuerie organisée, c'est la guerre. Bien que nous manifestions contre des formes de guerre particulières, nucléaire ou autre, nous n'avons jamais manifesté contre la guerre. Nous n'avons jamais dit que tuer un autre être humain est le plus grand péché de la terre. ...

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