Auteur : Krishnamurti Jiddu
Ouvrage : La flamme de l'attention
Année : 1987

Lien de téléchargement : Krishnamurti_Jiddu_-_La_flamme_de_l_attention.zip

J'aimerais vous faire remarquer que nous ne faisons aucune propagande, pour une croyance, pour un idéal ou pour une organisation. Ensemble, nous regardons ce qui se passe dans le monde, autour de nous. Nous ne le considérons pas d'un point de vue Indien, Européen ou Américain, ni d'aucun autre point de vue d'intérêt national. Ensemble, nous allons observer ce qui se passe vraiment dans le monde. Nous pensons ensemble, mais nous n'avons pas un seul esprit. Il y a une différence entre avoir un seul esprit et penser ensemble. N'avoir qu'un seul esprit implique d'être parvenu à une conclusion, d'avoir adopté certaines croyances, certains concepts. Mais penser ensemble, c'est tout différent. Penser ensemble implique que vous et l'orateur avez la responsabilité de regarder objectivement, impersonnellement, ce qui se passe. Alors, nous pensons ensemble. L'orateur, bien qu'il soit assis sur une estrade, par commodité, n'a aucune autorité. Je vous en prie, nous devons être très clairs là-dessus. Il n'essaie pas de vous convaincre de quoi que ce soit. Il ne vous demande pas de le suivre. Ce n'est pas votre gourou, Il ne vous préconise aucun système ni aucune philosophie, mais plutôt d'observer ensemble, comme deux amis de longue date, qui ne se préoccupent pas seulement de leur vie privée, mais qui regardent ensemble ce monde qui semble devenu fou. Le monde entier s'arme, dépensant des sommes folles pour détruire les hommes qu'ils vivent en Amérique, en Europe, en Russie ou ici. Cela prend une tournure désastreuse et ce ne sont pas les hommes politiques qui peuvent y remédier. On ne peut pas compter sur eux, ni sur les scientifiques — ils aident à accroître la technologie militaire, ils rivalisent entre eux. Nous ne pouvons pas plus compter sur les prétendues religions, elles sont devenues purement verbales, répétitives, totalement dépourvues de sens. Elles sont devenues des superstitions, elles se contentent de suivre la tradition, qu'elle date de deux ou cinq mille ans. Donc, nous ne pouvons pas compter sur les hommes politiques qui à travers le monde ne pensent qu'à conserver leur place, leur pouvoir, leur prestige. Nous ne pouvons pas plus compter sur les scientifiques qui chaque année ou même chaque semaine, inventent de nouvelles formes de destruction. Nous ne pouvons pas plus nous tourner vers une religion pour résoudre ce chaos créé par l'homme. Que peut faire un homme? La crise est-elle intellectuelle, économique, ou nationale avec toute la pauvreté, le désordre, l'anarchie, le non-respect de la loi, le terrorisme et la menace permanente d'une bombe dans la rue? Quand vous regardez tout cela, quelle est notre part de responsabilité? Sommes-nous concernés par ce qui arrive dans le monde? Ou ne sommes-nous concernés que par notre salut personnel? Je vous en prie, examinez tout cela très sérieusement, afin que vous et l'orateur puissiez observer objectivement, ce qui se passe, non seulement à l'extérieur, mais aussi dans notre conscience, dans notre pensée, dans notre façon de vivre et d'agir. Si vous n'êtes pas concernés par le monde, mais que vous vous occupiez seulement de votre salut personnel, en adhérant à des croyances, à des superstitions, en suivant des gourous, alors j'ai bien peur que la communication entre vous et l'orateur ne puisse pas s'établir. Nous devons être clairs là-dessus. Nous ne nous occupons pas du salut personnel, mais nous nous intéressons, honnêtement, sérieusement, à ce qu'est devenu l'esprit humain, ce à quoi l'humanité est confrontée. Nous sommes concernés en tant qu'êtres humains, mais des êtres humains qui ne se réclament pas d'une nationalité particulière. Ce qui nous intéresse, c'est de regarder le monde et ce que peut faire un homme qui vit dans ce monde, quel est son rôle? Chaque matin, dans les journaux, il y a des meurtres, des atrocités causées par des bombes, des destructions, du terrorisme et des kidnappings. Vous lisez tout cela, chaque jour et vous n'y faites presque plus attention. Mais si cela vous arrive personnellement, vous êtes dans un état de confusion, de détresse et vous demandez à un autre, au gouvernement ou à un policier, de vous sauver, ou de vous protéger. ...