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Le Danois Edouard - Le Rythme des climats


Auteur : Le Danois Edouard
Ouvrage : Le Rythme des climats dans l'histoire de la terre et de l'humanité
Année : 1950

Lien de téléchargement : Le_Danois_Edouard_-_Le_Rythme_des_climats.zip

Tous ceux qui travaillent loin des villes ? tous ceux dont la vue n'est pas perpétuellement limitée par l'alignement implacable des hautes façades des maisons, les marins, autour desquels règne le grand cercle du large, les paysans, isolés dans les vastes plaines où s'étalent les prairies verdoyantes ou les champs dorés des épis, les chasseurs et les gardiens de troupeaux qui errent sur le gazon fleuri des steppes ou à travers les hautes herbes frissonnantes des pampas, les montagnards grimpant dans l'éternelle blancheur des neiges, tous ceux qui vivent dans la nature et puisent leurs moyens d'exister dans sa prodigieuse fécondité, s'arrêtent parfois au "'milieu de leur labeur et embrassent d'un regard circulaire l'horizon lointain pour y chercher les signes qui peuvent fournir à leur longue expérience des indices suF le temps probable du lendemain; la menace de l'orage accentue sur . leur front les rides qu'y ont creusées les intempéries; leur visage s'éclaire d'un reflet paisible quand le soleil se couchant dans toute sa gloire annonce le calme pour plusieurs heures. Mais les aspects variés du ciel ne peuvent permettre que des prévisions pour un avenir tout à fait immédiat el cependant tous voudraient savoir quel sera le caractère des saisons prochaines, deviner si l'hiver sera rigoureux, si l'été sera torride, si les pluies donneront à la terre une fertilité bienfaisante ou noieront au contraire les moissons sous leurs cataractes violentes, si les tempêtes empêcheront la poursuite du gibier ou du poisson. Et dans tous les métiers qu'ils exercent à l'air libre les hommes ont cherché des symptômes précurseurs des climats saisonniers. Le paysan dénombre avec soin les enveloppes multiples dont les oignons se couvrent avant l'hiver et note avec attention le moment où les oiseaux migrateurs partent pour leurs longs voyages, le chasseur examine les écureuils pour savoir s'ils accumulent d'abondantes provisions ou palpe l'épaisseur de la fourrure des bêtes de la forêt. Mais foutes ces indications sont bien précaires et les événements démentent le plus souvent les suppositions auxquelles elles ont servi de base. A us si depuis les temps les plus reculés les hommes se sont tournés vers les Dieux pour les supplier de modifier favorablement les conditions de l'atmosphère, de leur épargner le déchatnement des vents et des ouragans, de leur amener l'eau vivifiante du ciel dans les périodes de sécheresse. Aux temps actuels, la Science a tenté de se substituer aux divinités et les savants ont remplacé les devins et les sorciers : les météorologistes ont pris le monopole des prédictions ; ils tentent de trouver des méthodes et cherchent à perfectionner leurs instruments d'observation; ils ont découvert les hautes et les basses pressions et dressent avec soin chaque jour les cartes des isobares. Mais cette précision apparente· réserve fréquemment des surprises et les cyclones et anticyclones ne gravitent pas toujours dans le sens désiré. Comme la science nouvelle est encore dans son enfance, elle a cru, dans son enthousiasme juvénile, pouvoir se suffire à elle-même et, chargée d'étudier l'atmosphère, elle a considéré que celle-ci était absolument indépendante du reste de la planète et puisait en elle-même les facteurs de ses variations. Comme les hommes primitifs, les météorologistes ont levé la tête vers le ciel et ont cru tout y trouver; là où ils ne pouvaient atteindre,· ils ont envoyé des ballons-sondes pour scruter la stratosphère, mais ils n'ont jamais songé à regarder à leurs pieds, la terre ferme et l'océan immense. Ils ont oublié que la masse des eaux recouvre plus des trois quarts de la surface de notre planète, que le milieu liquide est moins inconstant que le milieu gazeux et que, par son volume et la persistance de ses réactions, il constitue le plus puissant des régulateurs thermiques. L:air est instable par définition, la mer au contraire représente un élément constant. L'influence de l'air sur l'océan est presque nulle ; le vent par la formation de la houle en ride seulement les couches superficielles, et là s'arrête à peu près toute son action ; l'atmosphère reçoit beaucoup et donne peu; elle s'échauffe à partir des accumulateurs de la chaleur solaire que les eaux marines ou les sables désertiques ont emmagasinée, elle se refroidit au contact de la banquise et des neiges des hautes montagnes; elle véhicule du chaud et du froid, elle n'en produit pas. ...

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