Auteur : Messadié Gerald
Ouvrage : 4000 ans de mystifications historiques
Année : 2011

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Avant-propos. Dénoncer la mystification, c’est dénoncer le mensonge. Entreprise philosophique si vaste qu’elle prendrait toute une vie. De surcroît, il n’est pas deux visions identiques de la réalité ; il s’ensuit que toute personne qui décrit la sienne ment involontairement à l’autre. L’adage est d’ailleurs ancien : « Chacun voit midi à sa porte. » Dire le faux se présente cependant sous des formes diverses, souvent enchevêtrées. Le mensonge sincère, par exemple celui du témoin d’un fait divers qui s’est trompé sur l’apparence d’un délinquant, se différencie du mensonge intentionnel, tel que celui du faux témoin : celui-là est un manipulateur. Dans la Grèce antique, personne n’avait jamais vu Athéna, mais clamer qu’elle n’existait pas était un crime passible de mort. Sa réalité appartenait à cette forme de fiction ou de mensonge sincère qui s’appelle mythe et qui permet de rallier un grand nombre de citoyens à la défense d’une noble cause. Se prétendre délégué par les dieux pour prendre une décision politique importante était en revanche un mensonge manipulateur, c’est-à-dire une mystification, elle aussi passible de la peine de mort. Distinguer entre les deux est ardu. Peut-être le mystificateur est-il sincère ? Peut-être a-t-il eu un songe et se croit-il vraiment délégué par les dieux ? Dans la vie des nations, ces questions revêtent bien plus d’importance que dans un amphithéâtre. Car la parole est instrument du pouvoir et celle qui s’exprime publiquement est signe de l’autorité. Seul celui qui détient les deux dispose du privilège de s’adresser au plus grand nombre. Qu’on m’autorise ici un souvenir personnel ; il me paraît opportun. En 2006, la télévision suisse romande décida d’organiser un débat public sur le Diable et réunit à cette fin un prêtre catholique, un pasteur protestant, un imam musulman et un laïc, en l’occurrence moi-même, parce que j’avais publié une Histoire générale du Diable. ...