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Platon - Le sophiste


Auteur : Platon
Ouvrage : Le sophiste De l’Être ; genre logique
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LA PHILOSOPHIE DE PLATON – THÉORIE DES IDÉES. Dans ses premiers ouvrages, c’est-à-dire dans les dialogues dénommés socratiques, Platon, fidèle disciple de Socrate, s’attache comme lui à définir exactement les idées morales. Il recherche ce qu’est le courage, la sagesse, l’amitié, la piété, la vertu. Socrate professait qu’il suffit de connaître le bien pour le pratiquer, que par conséquent la vertu est science et le vice ignorance. Platon restera fidèle toute sa vie à cette doctrine. Comme Socrate, il honorera les dieux et tiendra que la vertu consiste à leur ressembler, autant que le permet la faiblesse humaine. Comme lui, il croira que le bien est le but suprême de toute existence et que c’est dans le bien qu’il faut chercher l’explication de l’univers. Mais, si docile aux leçons de Socrate que Platon nous apparaisse à ses débuts, il était trop avide de savoir pour se borner à l’enseignement purement moral de son maître. Avant de connaître Socrate, il avait reçu les leçons de Cratyle et s’était familiarisé avec la doctrine d’Héraclite. Il s’initia aussi à celle des Éléates. Il avait étudié Anaxagore et lu certainement les écrits d’Empédocle. Au cours de son voyage à Cyrène, il s’était perfectionné dans la géométrie et, en Italie, il s’était adonné aux études d’arithmétique, d’astronomie, de musique et même de médecine des Pythagoriciens. Peut-être aurait-il visité l’Ionie et les rivages de la mer Égée si la guerre avec la Perse ne l’en eût pas détourné. Il aurait fait à Abdère la connaissance de Démocrite et de l’atomisme, la plus géniale création de la philosophie grecque avant Platon. Qui sait si l’influence de Démocrite, s’il l’eût connu plus jeune, n’aurait pas modifié la tendance de son esprit, tourné exclusivement vers la morale et vers les sciences abstraites ? Quoi qu’il en soit, le système de Platon est une synthèse de tout ce qu’on savait de son temps, mais surtout des doctrines de Socrate, d’Héraclite, de Parménide et des Pythagoriciens. Ce qui fait le fond et l’originalité de ce système est la théorie des Idées. Platon avait d’abord étudié la doctrine d’Héraclite, fondée sur l’écoulement universel des choses. « Tout s’écoule, disait Héraclite ; rien ne demeure. Le même homme ne descend pas deux fois dans le même fleuve. » De cette idée, Platon tire la conséquence que des êtres qui sont en perpétuel devenir pour aboutir à la destruction méritent à peine le nom d’êtres et qu’on n’en peut former que des opinions confuses, incapables de se justifier elles-mêmes. Ils ne sauraient être l’objet d’une science véritable ; car il n’y a pas de science de ce qui est perpétuellement mobile ; il n’y a de science que de ce qui est fixe et immuable. Cependant, quand on observe ces êtres changeants, on s’aperçoit qu’ils reproduisent dans la même espèce des caractères constants. Ces caractères se transmettent d’individu à individu, de génération à génération. Ils sont des copies de modèles universels, immuables, éternels que Platon appelle les Formes ou les Idées. Dans le langage courant, on entend par idée une modification, un acte de l’esprit. Dans le langage de Platon, l’Idée exprime, non pas l’acte de l’esprit qui connaît, mais l’objet même qui est connu. Ainsi l’Idée de l’homme est le type idéal que reproduisent plus ou moins parfaitement tous les hommes. Ce type est purement intelligible ; il n’en est pas moins vivant ; il est même seul vivant, car ses copies, toujours changeantes et périssables, méritent à peine le nom d’êtres, et, parce qu’il existe réellement, qu’il est éternel et immuable, il peut être connu et être objet de science. Platon a illustré sa théorie des Idées dans la célèbre allégorie de la Caverne, où les hommes sont comparés à des prisonniers enchaînés qui ne peuvent tourner le cou et n’aperçoivent sur le fond de leur prison que des ombres projetées par des objets qui défilent derrière eux à la lumière d’un feu éloigné. « Il faut, dit Platon, assimiler le monde visible au séjour de la prison, et la lumière du feu dont elle est éclairée à l’effet du soleil. » Les objets qui passent sont ceux du monde intelligible, et le soleil qui les éclaire, c’est l’Idée du Bien, cause de toute science et de toute existence. On reconnaît ici la doctrine des Éléates, que le monde n’est qu’une apparence vaine, que la seule réalité consiste dans l’Unité. Mais tandis que chez Parménide l’Être un et immuable est une abstraction vide, il est devenu chez Platon l’Être par excellence, source de toute vie et de toute action. L’Idée du Bien, dit Platon, est à la limite du monde intelligible : c’est la dernière et la plus haute ; mais il y a toute une hiérarchie d’Idées. Platon semble même admettre au Xe livre de la République que tous les objets de la nature, et même les créations de l’homme, comme un lit ou une table, tirent leur existence d’une Idée et que les Idées sont innombrables. Mais il ne parle d’ordinaire que des Idées du Beau, du Juste et du Bien. La doctrine des Idées est étroitement liée à celle de la réminiscence et de l’immortalité de l’âme. Ces Idées, notre âme, qui a existé avant nous et passera dans d’autres corps après nous, les a aperçues plus ou moins vaguement dans un autre monde. Le mythe du Phèdre nous montre l’âme escaladant le ciel, à la suite du cortège des dieux, pour aller contempler les Idées de l’autre côté de la voûte céleste. Elle en rapporte et en conserve un souvenir obscur que la philosophie s’efforce d’éclaircir. Elle le fait en soumettant d’abord l’âme à un entraînement préalable destiné à éveiller la réflexion. Les sciences qui relèvent du pur raisonnement, l’arithmétique, la géométrie, l’astronomie, l’harmonie sont les plus propres à nous familiariser avec le monde de l’intelligible. C’est alors qu’intervient la dialectique. Platon part de la dialectique socratique, sorte de conversation où l’on recherche la définition d’une vertu. Ainsi, dans le Lachès, les trois interlocuteurs Lachès, Nicias et Socrate recherchent la définition du courage. Lachès propose une première définition : « L’homme courageux, dit-il, est celui qui tient ferme contre l’ennemi. » Socrate la juge trop étroite ; car le courage trouve son application en mille autres circonstances. Lachès alors en propose une autre : « Le courage est une sorte de fermeté. » Mais, si cette fermeté se fonde sur la folie et l’ignorance, répond Socrate, elle ne peut être le courage. Nicias, consulté à son tour, dit que le courage est la science de ce qui est à craindre et de ce qui ne l’est pas. À cette définition, Socrate fait une autre objection. Le courage, si c’est une science, dit-il, doit être la science de tous les biens et de tous les maux ; mais cette définition s’applique à la vertu en général. Là-dessus, on se sépare, sans être arrivé à la définition cherchée. Mais on voit le procédé qui, d’une proposition, passe à une autre plus compréhensive, jusqu’à ce qu’on arrive à l’idée générale qui comprendra tous les cas et se distinguera nettement des idées voisines. Cette méthode socratique, Platon l’étend au domaine des Idées, pour les atteindre elles-mêmes et monter des Idées inférieures à l’Idée du Bien. Il faut commencer par une hypothèse sur l’objet étudié. On la vérifie par les conclusions auxquelles elle conduit. Si ces conclusions sont intenables, l’hypothèse est rejetée. Une autre prend sa place, pour subir le même sort, jusqu’à ce qu’on en trouve une qui résiste à l’examen. Chaque hypothèse est un degré qui nous hausse vers l’Idée. Quand nous aurons ainsi examiné tous les objets de connaissance, nous aurons atteint tous les principes (άρχαί) irréfragables, non seulement en eux-mêmes, mais dans leur mutuelle dépendance et dans la relation qu’ils ont avec le principe supérieur et absolu qu’est l’Idée du Bien. Le Parménide nous donne un exemple du procédé. Ce procédé exige une intelligence supérieure et un travail infatigable, dont seul est capable le philosophe né. Mais la dialectique ne suffit pas à tout. Il est des secrets impénétrables à la raison et dont les dieux se sont réservé la possession. Ils peuvent, il est vrai, en laisser voir quelque chose à certains hommes privilégiés. Ils font connaître l’avenir aux devins et communiquent l’inspiration aux poètes ; ils ont favorisé Socrate d’avertissements particuliers. Peut-être y a-t-il chez les poètes et dans les croyances populaires des traces d’une révélation divine qui jetteraient quelque lueur sur nos origines et notre destinée après la mort. Les Égyptiens croyaient que les hommes sont jugés sur leurs actes après la mort et les Pythagoriciens que l’âme passe du corps d’un animal dans celui d’un autre. Platon n’a pas dédaigné de recueillir ces croyances, mais il se garde de les donner pour des certitudes. Ce sont pour lui des espérances ou des rêves qu’il expose dans des mythes d’une poésie sublime. Son imagination leur communique un éclat magique et lui suggère des détails si précis qu’on dirait qu’il a assisté, comme Er le Pamphylien, aux mystères de l’au-delà. Il y a vu des limbes, un purgatoire et un enfer éternel réservé aux âmes incorrigibles. Ces visions extraordinaires ont tellement frappé les esprits que les chrétiens, en les modifiant un peu, en ont fait des dogmes religieux. ...

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