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Pujo Maurice - Le Juif déserteur


Auteur : Pujo Maurice
Ouvrage : Le Juif déserteur Bernstein
Année : 1912

Lien de téléchargement : Pujo_Maurice_-_Le_Juif_deserteur.zip

Ce texte a paru dans l’Almanach de l’Action française pour l’année 1912. À la fin du mois de février 1911, on annonça une pièce nouvelle à la Comédie-Française. La presse du boulevard menait déjà autour d’elle une savante réclame. C’est que l’auteur, M. Henry Bernstein, dont les précédentes productions, jouées sur diverses scènes, s’étaient fait remarquer par les effets grossiers d’une psychologie cynique et d’un art brutal, était un Juif de marque. La représentation de sa nouvelle œuvre Après moi dans la Maison de Racine et de Molière devait être l’apothéose de ce Juif. Par malheur, L’Oeuvre de Gustave Téry, qui menait alors une vive campagne contre l’accaparement de nos théâtres par les Juifs, venait de remettre au jour un document fâcheux pour M. Bernstein. C’était une lettre où celui-ci – qui, fils d’un juif allemand et d’une juive américaine, n’en jouissait pas moins de la qualité de Français, – se vantait d’avoir déserté au cours de son service militaire et insultait ignoblement les officiers de notre pays. Voici cette lettre, écrite en 1900 de Belgique où le déserteur s’était réfugié : 14, place Royale, Bruxelles. Monsieur Gohier, Vous trouverez sans doute ma lettre insolite. Tant pis !. . . Il est des choses que j’ai à cœur de vous dire depuis longtemps. J’ai vingt-quatre ans. Je suis déserteur (je m’en vante). J’ai déserté après sept mois de service, sept mois « pas ordinaires », qui m’ont coûté de l’argent d’abord, et des grincements de dents quand je n’ai plus eu d’argent. Inutile de vous dire, n’est-ce pas, que la plupart de mes chefs étaient des faussaires et des maîtres-chanteurs. J’ai filé à Bruxelles. Pour en finir avec ma personnalité, j’aime autant vous déclarer que toute mon adolescence fut consacrée à la plus creuse des noces. Et protestant de son « admiration profonde » pour le talent d’Urbain Gohier, le Juif Bernstein ajoutait à ces « assurances » : Je vous prie de n’y voir ni une vaine politesse, ni cette insistance exagérée qui n’est pas le moindre défaut de mes coreligionnaires – des accapareurs dans tous les domaines. Léon Daudet dénonça aussitôt dans L’Action française le scandale exorbitant de ce Juif qui, par la coupable complaisance de l’administration républicaine, représentée par le dreyfusard Jules Claretie, allait recueillir des honneurs et des bénéfices sur notre première scène officielle et subventionnée, alors qu’il s’était lâchement soustrait au plus sacré des devoirs qui incombent aux Français et que, non content de ne pas payer la dette commune, il avait ajouté l’injure à la désertion. La presse enjuivée, prévoyant que la divulgation de ces faits et de cette lettre pouvait soulever l’opinion, les passait sous silence. Les pseudo-intellectuels du boulevard, les mêmes qu’on avait vus se liguer pour Dreyfus contre la patrie, proclamaient que les droits de l’Art étaient supérieurs à tous les autres et que le talent de l’auteur dramatique devait faire oublier les fautes de l’homme. Ils continuaient à lui tresser d’avance des couronnes et escomptaient que la Comédie-Française serait pour le déserteur le chemin de la Légion d’honneur et de l’Académie. Leurs sophismes ne purent entamer le bon sens du public français qui pensa que notre littérature ne perdrait pas grand chose à être privée d’une pièce juive, tandis que le patrimoine d’idées et de sentiments qui nourrit cette littérature recevrait une offense et une atteinte graves si l’on souffrait un pareil scandale. Les intellectuels dreyfusards purent constater, quelques jours plus tard, leur peu de crédit lorsqu’ils essayèrent de dresser des listes de protestation contre la suppression de la pièce. Leur échec piteux leur prouva que les temps de Dreyfus étaient passés. M. Bernstein lui-même, qui avait d’abord fait le mort, jugea indispensable de s’expliquer lorsque le succès des premières manifestations contre sa pièce lui fit craindre que ses recettes ne fussent compromises. Mais il s’expliqua, dans une lettre publique aux journaux, avec une maladresse et un manque de tact qui mettaient si bien à nu l’âme juive, étrangère à la délicatesse française, que son cas en fut aggravé. Il présenta sa désertion comme une folie de jeunesse, sans importance, à laquelle l’avait entraîné non une conviction politique désintéressée, mais le désir, tout naturel à vingt ans, de suivre ses passions. La lettre à Gohier, son anti-militarisme, ses insultes aux officiers n’avaient pour but que de couvrir de prétextes généraux un acte qui n’avait que des motifs personnels. Il trouvait étonnant qu’on songeât encore à lui reprocher de pareilles peccadilles et finalement, exhalant sa rage contre les Camelots du Roi, il insultait Lucien Lacour prisonnier et osait donner à notre noble ami qui avait été, lui, pendant trois ans, un loyal soldat, des leçons de patriotisme. ...

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