Auteur : Renan Ernest
Ouvrage : Sur Corneille, Racine et Bossuet
Année : 1926

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Sur Corneille. Médée. Embarras et froideur dans l’exposition. Ambiguïté du caractère de Jason, comme aussi un peu du caractère d’Othon par le même motif ; on ne sait s’il aime, ou s’il feint l’amour par amitié. Le mélange des deux motifs fait un mauvais effet. L’entrevue de Jason et de Créuse est ridicule de froideur. Je ne veux rien pour rien, dit Créuse. Quelle tendresse ! La scène de Médée et de Nérine est plus vigoureuse. En général, le caractère de Médée, qui du reste est le seul de la pièce, ne manque (pas) de vigueur et de grandeur dans le crime et la passion. On ne voit pas pourquoi Créon et Créuse s’attachent si fort à Jason. La scène de Médée et Créon, au second acte, est malheureuse. Le récit de la Toison d’or est déplacé et il y a des traits du goût d’alors, outre qu’en ces deux premières scènes, l’action ne marche pas. Quant à Egée, il est très décidément ridicule. Outre qu’il est absolument inutile, et rompt l’unité de l’intérêt, ne se reliant en rien à Médée. Ce n’est pas comme en Polyeucte, où l’amour de Sévère se lie si bien à la fable principale. Il n’y a dans cette pièce que Médée de supportable. Mais celle-là est déjà faite à la Corneille. ...