Donner

Rouard De Card Edgard - Traités de la France avec les pays de l'Afrique du Nord


Auteur : Rouard De Card Edgard
Ouvrage : Traités de la France avec les pays de l'Afrique du Nord Algérie, Tunisie, Tripolitaine, Maroc.
Année : 1906

Lien de téléchargement : Rouard_De_Card_Edgard_-_Traites_de_la_France_avec_les_pays_de_l_Afrique_du_Nord.zip

Dans l’Afrique du Nord s’étend une vaste contrée qui aujourd’hui comprend l’Algérie, le Tunisie, la Tripolitaine et le Maroc. Cette contrée était, autrefois appelée par les Arabes, Blad-el-Berber, et par les Chrétiens, Barbarie. Voici la description qu’en faisait, au XVIIe siècle, le rédemptioniste Pierre Dan : « En cette partie du monde à qui les géographes font porter le nom d’Afrique est située la Barbarie. Elle s’estend du côté d’Occident, au-delà du destroit de Gibraltar, depuis la mer Atlantique, où sont les Isles. Canaries et le mont Atlas, jusque au Levant . près de l’Egypte, tout le long de la coste de la Méditerranée. De là s’avançant dans les déserts du costé de Midy, elle aboutit au païs des Nègres, autresfois appelé la Numidie intérieure, maintenant Biledulgerid, dans les montagnes du Grand Atlas. Elle contient de ce costé là les régions de la Numidie, où estoit autrefois Carthage, et où l’on y voit maintenant la ville de Tunis, ensemble les deux Mauritanies, fameuses par les Royaumes de Tremessan, de Bugie, de Constantine et de Bône qui sont aujourd’huy ceux d’Alger, de Coucque, de Fez et de Maroc. De vers l’Ouest, elle a le royaume de Tripoly qui contient presque tout le pays de Barcha jusques en Egypte, outre la Lybie extérieure Cyrenaïque et Marmarique, qui sont encore de son estendüe(1)» D’après cela, on voit que la Barbarie se composait des États suivants : Régence d’Alger ; Régence de Tunis ; Régence de Tripoli ; Empire de Maroc. Les trois Régences subirent, dès le XVIe siècle, la domination turque : elle furent gouvernées au nom du Grand-Seigneur par les pachas triennaux jusqu’au jour où elles mirent à leur tête des Deys et des Beys élus par l’Odjeak. Quant au Maroc, il ne reconnut à aucune époque la suzeraineté de la Porte Ottomane : resté indépendant il fut gouverné par un Empereur ou Sultan qui s’imposa comme le chef politique et comme chef religieux D’ailleurs, soumis ou non à l’autorité de la Turquie, les pays barbaresques devinrent une cause d’effroi pour les nations chrétiennes, dont ils menacèrent les intérêts maritimes et commerciaux. Alger, Tunis Tripoli et Salé étaient, en effet, de véritables repaires de pirates. Dans ces ports peu accessibles se construisaient et s’armaient les navires corsaires qui sillonnaient en tous sens la Méditerranée. Leurs capitaines, appelés reïs, guettaient et pourchassaient les navires. chrétiens, et, s’ils parvenaient à s’emparer de l’un d’eux, ils mettaient en vente la cargaison et jetaient l’équipage dans les bagnes. Notre marine eût beaucoup à souffrir de cette piraterie. Aussi, de bonne heure, les rois de France, particulièrement Louis XIII et Louis XIV, se préoccupèrent de mettre fi n aux violences et aux déprédations des Barbaresques. Des croisières et des expéditions navales furent organisées contre eux : leurs navires furent brûlés, leurs villes bombardées et leurs ports bloqués. En 1681, Duquesne incendia à Chio six vaisseaux tripolitains. Les escadres françaises bombardèrent Alger en 1682, Tripoli en 1685 et Salé en 1765. ` Le marquis de Martel bloqua étroitement les tunisiens de 170 à 1672. Ces représailles eurent pour effet d’intimider nos ennemis. Se sentant incapables de prolonger la lutte, les Puissances barbaresques firent semblant, de se soumettre et demandèrent solennellement pardon. On profita de ces trêves pour améliorer un peu nos rapports politiques et économiques avec les pays de, l’Afrique du Nord. Des ambassadeurs envoyés de France ou des, consuls installés en Barbarie reçurent l’ordre d’ouvrir des négociations et de signer des arrangements, sous réserve de la ratification du Roi. De 1a sorte, furent conclus, sous l’ancienne monarchie, de nombreux traités avec les diverses Puissances barbaresques. Sauf un seul qui fut signé à Tunis le 21 novembre 1270, tous intervinrent postérieurement à l’année 1604 : ils furent consentis, renouvelé ou confirmés pendant le XVIIe et le XVIIIe siècles. Ces traités étaient de deux espèces : Traités dé paix et de commerce ; Traités relatifs à des concessions. A. - Traités de paix et de commerce. Ces traités avaient pour objet les intérêts politiques et économiques des deux états contractants. Leurs clauses se rapportaient : a) A la. cessation des hostilités ; b) A la libération des captifs ; c) A la restitution dés prises ; d) Aux prérogatives et aux attributions des consul français ; e) A 1’établissement, des sujets respectifs ; f) A la protection des missionnaires catholiques et à 1a liberté religieuse ; g) Au commerce ; h) A la navigation ; i) Aux promesses de neutralité : j) A la rupture de la paix. Il y avait aussi une clause qui tendait à assurer l’observation des capitulations «faites entre l’Empereur de France et le Grand-Seigneur». Cette clause se rencontrait dans presque tous les traités conclu avec les trois Régences barbaresques, mais elle ne figurait pas dans les traités conclus avec l’Empire de Maroc, parce que ce dernier pays était absolument indépendant de la Porte Ottomane. Les traités de paix et de commerce furent fréquemment confi rmés, avec ou sans modifi cations. B. - Traités relatifs à des concessions. Ces traités reconnaissaient à des compagnies de marchands français la possession du Bastion de France et du Comptoir du Cap Nègre. Leurs clauses se rapportaient : Au privilège exclusif du négoce avec les indigènes et de la pêche du corail ; b) A l’acquittement des sommes dues par les traitants ; c) Au paiement des redevances et des droits de douane ; d) A l’obligation d’acheter du blé au Beylik ; e) A 1a faculté de construire et de réparer certains bâtiments ; f) A la faculté d’entretenir des navires et dés chaloupes ; g) A la faculté faire des approvisionnements ; h) A la sécurité et à la liberté des agents commerciaux. Les actes de concessions furent souvent renouvelés, avec ou sans augmentation des charges, au profit des diverses Compagnies d’Afrique et notamment au profit de la Compagnie royale. ...

2438 lectures

Voir aussi

Estulin Daniel - Qui nous affame ? De la crise financière à la famine organisée

Auteur : Estulin Daniel Ouvrage : Qui nous affame ? De la crise financière à la famine organisée...

Lire la suite

Steiner Rudolf - Agriculture Fondements spirituels de la méthode bio-dynamique

Auteur : Steiner Rudolf Ouvrage : Agriculture Fondements spirituels de la méthode bio-dynamique...

Lire la suite

Agrippa Henri-Corneille - La philosophie occulte ou la magie de Henri-Corneille Agrippa Livre 4

Auteur : Agrippa Henri-Corneille Ouvrage : La philosophie occulte ou la magie de Henri-Corneille...

Lire la suite

Agrippa Henri-Corneille - La philosophie occulte ou la magie de Henri-Corneille Agrippa Livre 3

Auteur : Agrippa Henri-Corneille Ouvrage : La philosophie occulte ou la magie de Henri-Corneille...

Lire la suite

Agrippa Henri-Corneille - La philosophie occulte ou la magie de Henri-Corneille Agrippa Livre 2

Auteur : Agrippa Henri-Corneille Ouvrage : La philosophie occulte ou la magie de Henri-Corneille...

Lire la suite

Agrippa Henri-Corneille - La philosophie occulte ou la magie de Henri-Corneille Agrippa Livre 1

Auteur : Agrippa Henri-Corneille Ouvrage : La philosophie occulte ou la magie de Henri-Corneille...

Lire la suite

Le Goff Jacques - Héros et merveilles du moyen âge

Auteur : Le Goff Jacques Ouvrage : Héros et merveilles du moyen âge Année : 2005 Lien de...

Lire la suite




Histoire E-Book
Recension d'ouvrages rares et interdits


Histoire E-Book