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Steiner Rudolf - Créer à partir du néant


Auteur : Steiner Rudolf
Ouvrage : Créer à partir du néant Vérité, beauté, bonté
Année : 1909-1923

Lien de téléchargement : Steiner_Rudolf_-_Creer_a_partir_du_neant.zip

Il n'est peut-être pas d'idée plus difficile à comprendre que celle de « création ». Nous sommes en effet habitués à nous occuper de ce qui existe, de ce que nous pouvons observer, et non des forces et des processus qui font que du nouveau, du neuf, peut être créé à partir de rien. Comment quelque chose peut-il naître du néant ? Cette question est au centre des trois conférences que nous avons réunies dans ce petit livre. Quand on s'interroge sur les notions de création, de force créatrice ou de créativité, on pense aussitôt à l'art, peut-être aussi à la morale et à la religion, mais beaucoup moins à la science. Notons pourtant que, dans son premier ouvrage épistémologique publié en 1886, Rudolf Steiner écrivait déjà : « On croit habituellement que le contenu de la science serait reçu de l'extérieur ; on croit même pouvoir préserver d'autant plus l'objectivité de la science que l'esprit s'abstient de tout apport personnel dans la matière appréhendée. Or le véritable contenu de la science n'est absolument pas la matière extérieure perçue, mais l'idée conçue en esprit, qui nous fait pénétrer plus profondément dans le fonctionnement du monde que toutes les analyses et les observations du monde extérieur. L', idée est le contenu de la science. Face à la perception reçue passivement, la science est un produit de l'activité de l'esprit humain. » Toute la démarche spirituelle de Steiner repose sur cette certitude que connaître est un acte créateur, et que c'est précisément dans et par la création d'idées que l'homme perçoit l'esprit actif dans les choses. Les trois conférences que l'on va lire permettent de suivre comment ce thème de la création, notamment dans la perspective des trois idéaux que sont le vrai, le beau et le bien, forme un véritable fil rouge dans l'oeuvre de Rudolf Steiner. La première conférence, « Évolution, involution et création à partir du néant », date de juin 1909. Elle clôt un cours, commencé l'année précédente à Berlin, à l'intention des membres de la Société théosophique dont Steiner était encore le secrétaire général pour l'Allemagne. Il y montre comment un élément neuf peut, à tout instant, s'introduire dans ce qui est déterminé par le destin. 1909 est une année particulièrement intense pour le fondateur de l'anthroposophie qui travaille encore à approfondir et à fortifier les bases de son enseignement en donnant d'importants cycles de conférences, notamment ceux sur les Hiérarchies spirituelles à Dusseldorf, l'Orient à la lumière de l'Occident à Munich, l'Évangile selon Luc à Bâle. C'est encore fin 1909 que paraît sa Science de l'occulte dans ses grandes lignes. À cette époque, l'anthroposophie n'existe pas encore sous ce nom. Conformément à une indication plus tardive de Rudolf steiner, nous avons cependant remplacé dans cette conférence les termes « théosophie» et « théosophique» par « anthroposophie » et « anthroposophique ». La conférence suivante date de 1922. Entre ces deux conférences, le monde a radicalement changé. L'Europe a subi de plein fouet le choc de la Première Guerre mondiale. Steiner a totalement modifié ses axes de travail et le ton de son discours n'est plus le même. Il a pris ses distances avec la théosophie d'inspiration hindouiste, et a fondé un nouveau mouvement, l'anthroposophie, qui plonge davantage ses racines chez des penseurs comme Aristote, Thomas d'Aquin, et surtout Goethe, Schiller, Fichte ou Nietzsche. Il s'est tourné vers la politique en défendant l'idée de triarticulation de l'organisme social, il a fondé l'école Waldorf pour les enfants des ouvriers d'une usine de Stuttgart, et il a dirigé la construction, près de Bâle, d'un surprenant bâtiment à deux coupoles, le Goethéanum, pour que l'impulsion anthroposophique devienne visible aux yeux de tous. Pendant ces années de création intense consacrées au monde extérieur, la vie à l'intérieur du mouvement anthroposophique s'est beaucoup dégradée. La conférence « Le réel et l'irréel dans la vie humaine » fait partie du dernier cycle tenu par Steiner pour les membres de la Société anthroposophique dans le Goethéanum avant que celuici ne disparaisse ravagé par un incendie criminel dans la nuit de la Saint-Sylvestre 1922. Il y fait d'étonnantes révélations sur des entités spirituelles qui doivent travailler derrière le monde visible pour que les hommes puissent penser intelligemment, jouir de la beauté, et faire le bien. La dernière des trois conférences présentées ici a été faite par Steiner début 1923, donc environ un mois après la précédente, au même endroit, pour le même public. Le prodigieux bâtiment, fruit de dix ans de travail, n'est plus qu'un tas de cendre. Mais la création ne connaît pas de pause. On pense déjà à la construction d'un second Goethéanum, en béton armé cette fois. Les conférences ont lieu désormais dans les baraques de la menuiserie qui a échappé au feu. Le Goethéanum n'est pas seul à avoir été anéanti ; c'est toute la Société anthroposophique qui est à reconstruire. Steiner s'y appliquera pendant toute cette année 1923, notamment lors de ses nombreux déplacements à travers l'Europe. La conférence intitulée « Vérité, beauté, bonté » approfondit ces trois notions en montrant comment l'homme, lorsqu'il est créateur, se lie à ses trois « enveloppes » corporelles (physique, vitale et émotionnelle), et, en même temps, à son existence dans les mondes spirituels entre la mort et une nouvelle naissance. Steiner place cette approche de la créativité sous le signe de la réalité christique. Pour le fondateur de l'anthroposophie, cette réalité du Christ va bien au-delà des religions qui se réfèrent à Jésus- Christ. Il s'agit de forces spirituelles objectives qui ont pénétré la Terre il y a un peu plus de 2000 ans, et qui peuvent vivre et agir désormais en tout homme. «Lorsqu'on parvient à une idée générale de Dieu — expliqua un jour Steiner —, ce n'est pas l'idée du Christ. On est conduit à la notion générale de Dieu lorsqu'on regarde la nature dans toutes ses manifestations. Mais on ne s'approche de l'entité du Christ que si, au cours de sa vie, on découvre quelque chose en soi. Je peux trouver le concept général de Dieu en me disant simplement : je suis venu à l'existence grâce aux forces de l'univers ; le concept de Christ, par contre, je dois le découvrir en moi par le fait que je vais plus loin que là où la nature m'a mené. C'est en faisant l'expérience d'une re-naissance au cours de sa vie que l'on parvient à l'idée du Christ. La naissance mène à Dieu, la re-naissance mène au Christ. » ...

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