Auteur : Tarpley Webster Griffin
Ouvrage : La terreur fabriquée Made in USA 11 Septembre, le mythe du XXIe siècle
Année : 2005

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«Pourquoi la photo d’un champignon atomique sur la couverture ? »* Un certain nombre de lecteurs de ce livre se posent cette question. Sans doute s’attendent-ils plutôt aux photos traditionnelles de la tragédie du WTC, ou aux explosions du Pentagone que l’on retrouve sur la couverture des autres ouvrages consacrés au 11/9. Le champignon nucléaire est là pour montrer que ce livre se penche non seulement sur ce qui s’est réellement passé le 11 Septembre, mais aussi sur les tragédies d’une ampleur encore plus grande qui ont failli se produire et auxquelles nous avons échappé de peu. Parmi elles figure la menace d’escalade nucléaire entre les grandes puissances. Dans le courant de 2005, après la publication de la première édition de ce livre, d’importants documents qui ont fait surface sont venus étayer cette voie d’enquête, et c’est à eux que nous allons maintenant nous consacrer. Tout d’abord, quelques mots de notre méthode. Ce livre défend la thèse selon laquelle les événements ont été délibérément déclenchés par un réseau putschiste (MIHOP **). En d’autres termes, son analyse considère les événements du 11 septembre 2001 comme une provocation délibérée fabriquée par un réseau putschiste de hauts responsables qui infeste l’appareil militaire et sécuritaire étasunien et britannique, et qui est en fin de compte dominé par les financiers de Wall Street et de la City de Londres. Nous soutenons que toute autre approche non seulement fausse la réalité des attentats terroristes, mais encore aboutit inévitablement à laisser le public dans un état de naïveté et de désorientation, incapable d’identifier la menace actuelle et future de terrorisme d’État artificiel, fabriqué et sous fausse bannière, et donc d’empêcher que le 11/9 ne se reproduise, y compris à une échelle encore plus grande. Quelles sont les autres possibilités que le déclenchement délibéré ? Il y a bien sûr la version officielle telle que codifiée dans le rapport de juillet 2004 de la Commission Kean-Hamilton : c’est notoirement un tissu de mensonges. Il en existe une variante démagogique, celle du « retour de manivelle » (blowback), également dite «version officielle, et vous l’avez bien mérité », qui accepte tous les éléments clés de la version officielle (ben Laden, Atta et les autres 18 pirates de l’air, al-Qaida, la défaillance des services de renseignement étasuniens, etc.), mais en les affectant de signes moraux inversés : la catastrophe du 11/9 est vue comme une juste rétribution de la part des victimes de l’impérialisme pour les crimes chroniques commis par le système. C’est cette thèse qui, sous une forme atténuée, sous-tend l’approche de Noam Chomsky et de Gore Vidal, comme l’a bien montré notre première édition. Le « retour de manivelle » est cher au coeur de toute une série de cerbères de la gauche, pour autant qu’ils acceptent de s’exprimer sur le 11/9. Cette position a été embrassée sous la forme la plus grotesque par l’agent provocateur de longue date Ward Churchill, de l’université du Colorado. Churchill a appris les techniques de démolition lors de sa carrière dans les patrouilles de reconnaissance à grande distance au Vietnam ; de retour de la guerre, il s’est associé à la faction terroriste Weatherman, un groupe d’agents de police qui a systématiquement détruit la plus grande organisation de gauche aux États-Unis au XXe siècle, Students for a Democratic Society. «Pendant une courte période, Churchill a appris aux membres de Weatherman comment fabriquer des bombes et manier des armes à feu », apprenons-nous dans le Denver Post du 18 janvier 1987 (http://www.khow.com/img/churchill-scan.html). Certains membres de cette faction ont péri en faisant exploser un hôtel particulier à Manhattan ; leur enseignement n’avait sans doute pas été assez bon. Dans les premiers mois de 2005, la série O’Reilly Factor sur Fox News a tenté de conférer à Churchill le statut de porte-parole en chef du mouvement pour la vérité sur le 11/9 en prêtant une attention obsessionnelle à ses assertions démagogiques selon lesquelles les employés de bureau morts le 11/9 étaient des criminels de guerre au service de l’impérialisme, (des «little Eichmans », dixit). Par ce biais, le mouvement pour la vérité sur le 11/9 a été démonisé aux yeux de millions de personnes. Pour ce qui nous occupe ici, il faut surtout savoir que Churchill, dans ses diatribes, affirme également que quiconque rejette l’attribution des crimes du 11/9 à Atta, ben Laden et al Qaida est un raciste qui, en réalité, prétend que les Arabes sont génétiquement inférieurs et donc incapables de mener à bien cette attaque complexe et spectaculaire. Churchill est ainsi le principal candidat au prix Arlen Specter * récompensant la plus grande créativité mise en oeuvre à ce jour pour défendre la version officielle. Les universitaires, en particulier, semblent incapables de le percer à jour. Ses grands airs, qui ont bénéficié d’une attention médiatique extrême, ont plus fait que toute autre chose pour discréditer et désorienter le mouvement pour la vérité sur le 11/9, au moment même où une campagne de publicité organisée par le philanthrope Jimmy Walter commençait à faire comprendre au public comment il avait été mené en bateau. D’autres commentateurs ont accepté a priori le rapport de la Commission du 11/9, mais en s’empressant d’ajouter qu’ils avaient des questions sans réponse. La « version officielle assortie de questions sans réponses » est la position la plus tiède, qui n’a pas résisté à l’épreuve du temps. Les questions sans réponse étaient une marque de courage en octobre 2001, et restaient un symptôme de saine réflexion en 2002. Mais en 2004, cette position était déjà obsolète et intenable en raison des progrès de la recherche, et en 2005 elle en était venue à symboliser le refus fondamental de comprendre, par peur ou par préjugés. Il n’en reste pas moins que la thèse des « questions sans réponse » est restée populaire, peut-être parce qu’elle permettait assez aisément de continuer à recevoir des fonds publics comme privés. Au jour du Jugement dernier, lorsque Gabriel soufflera dans sa trompe et que les morts sortiront de leurs tombeaux, les défenseurs de cette thèse continueront à arborer leurs questions sans réponse comme autant d’alibis justifiant leur impuissance et leur paralysie politique. Le « laissez-faire délibéré (LIHOP) * » représente une analyse plus perspicace, bien qu’en fin de compte insuffisante. Cette thèse suppose que ben Laden, al-Qaida, Atta et compagnie mènent en réalité une existence au moins en partie indépendante, et possèdent la volonté et les capacités physiques et techniques pour frapper les États-Unis comme ils l’auraient fait le 11/9. Mais elle affirme également que l’attentat d’al-Qaida n’aurait pas réussi sans la coopération active d’éléments du Pentagone et de l’administration Bush qui ont délibérément saboté les défenses aériennes étasuniennes afin de permettre aux pilotes suicides d’atteindre leurs cibles du WTC et du Pentagone. L’approche du laissez-faire délibéré a été défendue à cor et à cris et avec un grand renfort de documentation par Mike Ruppert, dont le livre serine sans cesse le refrain emprunté à Delmart «Mike» Vreeland : « Laissez un événement se produire. Arrêtez les autres ! » Le premier livre de Nafeez Ahmed frôlait lui aussi cette thèse. Des masses de preuves viennent de plus en plus contredire cette thèse du laissez-faire délibéré. Une variante plus extravagante admet qu’Atta et ses acolytes travaillaient pour la CIA, mais uniquement comme trafiquants d’armes et de drogue, et non comme terroristes ; à un certain moment, selon cette thèse, ces trafiquants de drogue ont décidé de se révolter contre l’arrogance de leurs maîtres de la CIA en faisant exploser le WTC et le Pentagone ! Or, même ce plan ardu ne parvient pas à expliquer l’absence de défense aérienne pendant 1 heure et 45 minutes, ni la démolition contrôlée qui a abattu les deux tours. En 2002 et 2003, la thèse du laissez-faire délibéré marquait un progrès par rapport à celle des questions sans réponse. Mais au fur et à mesure que davantage de documents devenaient disponibles, elle est, elle aussi, devenue intenable, comme je vais essayer de le montrer ci-après. Un sondage Zogby commandé par Jimmy Walter en août 2004 a montré que près de 50 % des new-yorkais pensaient que des responsables étasuniens savaient à l’avance que le 11 Septembre allait se produire – ce qui équivaut à peu près à la théorie du laissez-faire délibéré. La déclaration de David Shayler, tireur de sonnettes du MI-5, lors d’une réunion à Londres début juin 2005 – « j’étais LIHOP ; je suis MIHOP » – concorde donc avec l’idée d’une progression logique, puisqu’en passant d’une thèse à l’autre, on se rapproche de plus en plus de la vérité. Aujourd’hui, la position du laissez-faire délibéré est extrêmement vacillante. Certains ardents défenseurs de cette théorie ont la singulière habitude de se replier sur la très tiède thèse des questions sans réponse dès que s’approche un micro ou une caméra de télévision. Le Nouveau Pearl Harbor de David Ray Griffin donne l’exemple de la théorie du déclenchement délibéré par Bush-Cheney, à ceci près que Griffin ne cesse de rappeler qu’il se refuse à avancer une explication globale de ce qui s’est produit le 11/9. L’accent mis sur Bush et Cheney comme étant les éventuels cerveaux du 11/9 est problématique en ce sens que le réseau putschiste existe manifestement depuis l’explosion du navire USS Maine (en 1898) il y a plus de cent ans… bien avant Bush et Cheney. En outre, il faut se demander si des comploteurs sérieux oseraient jamais attribuer un rôle important à un crétin, ou à un homme qui a été victime de nombreuses attaques cardiaques, qui porte un pacemaker et dont les jours sont comptés. Ces objections s’appliquent à toutes les allégations, y compris celles de Mike Ruppert, qui attribuent à Cheney un rôle tout à fait central. En fait, le gouvernement invisible ne sera pas nécessairement battu si l’on se débarrasse de ses marionnettes du moment, Bush, Cheney et compagnie. Griffin s’emploie ensuite à réfuter dans le détail le rapport Kean-Hamilton, tâche qui aurait aisément pu être laissée aux tenants de la thèse des questions sans réponse, ou même être reléguée aux critiques littéraires comme relevant de la fiction, ainsi que l’a suggéré Griffin lui-même. Cela nous ramène à l’approche fondamentalement agnostique de Griffin, qui signifie que nous serons bel et bien désarmés face à l’apparition de nouvelles menaces de terrorisme d’État, surtout dans la seconde moitié de 2005. Les différences entre ces catégories valent la peine d’être soulignées, même si elles sont parfois assez floues. Ainsi, une provocation terroriste réussie possède généralement une fonction “laissez-faire délibéré ” intégrée, puisqu’il incombe typiquement aux taupes à l’intérieur du FBI et du Département de la Justice de s’assurer que le système policier normal n’empêche pas les lampistes d’agir en les emprisonnant, ce qui priverait toute l’opération de ses boucs émissaires indispensables. Mais cela n’est qu’une partie du déploiement de la terreur, et la présence de professionnels entraînés qui produisent effectivement les résultats observés, que les lampistes ne pourraient jamais produire, suffit à valider une analyse “déclenchement délibéré” pour toute l’opération. Consciemment ou non, certains autres commentateurs ont avancé une perspective qui pourrait s’appeler “ déclenchement délibéré par le Mossad ”. Comme je le montre dans ce livre, il est un fait établi que le Mossad a méticuleusement observé chaque phase de la préparation et de l’exécution du 11/9. Le Mossad est également connu pour être une organisation profondément malfaisante. Mais ce qui fait défaut, c’est la preuve convaincante que le Mossad ait joué un rôle opérationnel direct dans le 11/9. Jusqu’ici, on n’a même pas établi que la CIA ait confié au Mossad, selon la pratique établie, une sous-traitance limitée de tâches propres au 11/9. Une telle thèse de déclenchement délibéré par le Mossad semble séduire les chauvins qui sont implicitement convaincus que des Américains ne feraient jamais une telle chose à leurs compatriotes, si bien que seul un groupe étranger, le Mossad, peut en porter la responsabilité. Cette thèse est aussi dangereuse que stupide, et il faut rappeler à ceux qui la défendent que, contrairement à ce qu’ils estiment impossible, les documents de l’opération Northwoods envisagent précisément ce genre d’assassinats d’Américains par d’autres Américains. Pour autant que je le sache, nul n’a encore avancé la thèse du déclenchement délibéré par le MI-6, autre variante possible ; dans ce cas, les preuves sont moins minces, mais toujours insuffisantes. C’est pourquoi ma 2e édition continue à affirmer en couverture que la terreur du 11/9 a été « made in the USA ». ...